Permaculture et abondance?

Permaculture et abondance?

Nouvelles prises de conscience collectives de la fragilité de nos systèmes économiques, politiques ! Insécurité grandissante. De plus en plus de pays sont impliqués dans les guerres ! La sécurité est renforcée au détriment des libertés individuelles. De nombreux efforts sont demandés à toute la population pour sortir de la crise… Pendant ce temps, malgré les scandales qui se succèdent, les politiques ne semblent pas trop pressés de trouver des solutions pour éviter l’évasion fiscale. L’écart entre les riches et les pauvres a augmenté plus vite qu’on ne le pensait. Fin 2016, les 8 personnes les plus riches possèdent plus que la moitié de la population mondiale. Les classes moyennes et les jeunes entrepreneurs croulent sous les charges. D’autre part, la lourdeur administrative décourage les initiatives. Et pourtant, 2016 a vu de nombreux jeunes croire en la permaculture et abondance

Demain, de nouveaux espoirs

Au milieu de tout ce marasme, la sortie du film-documentaire « Demain »  apporte un nouveau souffle. Il met en effet au devant de la scène les personnes mais surtout les associations, les villes, les régions qui ont fait d’autres choix que la croissante sans limite. Avec plus d’un million d’entrées, ce film est à la foi témoin et instigateur d’initiatives nouvelles. Il invite d’abord à la recherche d’un bonheur plus simple. C’est ainsi que des citoyens trouvent une autre manière de vivre, des communautés (villes, entreprises, régions…) trouvent une autre façon de s’organiser, d’éduquer, de produire de l’alimentation ou de l’énergie…

2016 a mis au devant de la scène les incroyables comestibles, la permaculture, l’agro-écologie. Effet de mode ou au contraire changement culturel plus profond ? Permaculture et abondance semblent deux mots indissociables. C’est ainsi que des gens de tout âge et de tout milieu se sont lancés dans l’aventure. Pour certains il s’agit avant tout de se distraire et de produire quelques aliments frais et sains pour leur famille. D’autres par contre espèrent pouvoir en vivre. Pour nous, il s’agit simplement de produire notre alimentation tout en expérimentant des techniques ! Nous voulons aussi pouvoir transmettre des connaissances, le résultat de nos expériences. Nous souhaitons de la sorte encourager les visiteurs à produire leur alimentation et dans le respect de la terre tout en permettant une plus grande biodiversité.

2016, le climat nous confronte à la réalité

Mais alors que tous rêvent de l’abondance promise dans les livres,  documentaires et innombrables didacticiels sur youtube, un acteur inattendu est entré en jeu cette année : la météo ! Ceux qui pensaient qu’il n’y avait qu’à… reçoivent une fameuse claque ! Tandis que les pluies incessantes rendent difficile l’accès au jardin,  les limaces plus nombreuses que jamais ravagent les premières pousses. De surcroît, les températures sont trop basses pour faire germer les graines et grandir les plants. Quant aux polinisateurs, vu le froid, ils ne sont pas au rendez-vous pour polliniser !  Les pluies abondantes amènent le Mildiou et la pourriture…

La permaculture est présentée avec des images d’abondance comme une solution pour nourrir la planète. Elle encourage les circuits courts et les productions locales.

De la théorie à la réalité

Cette année, malgré notre travail, le « Jardin de Francine » ne nous a pas nourris toute l’année ! Loin de là. Nous avons investi dans l’achat de graines et de plants qui n’ont rien donné ! C’est ainsi que nous nous sommes sentis très proches des producteurs locaux et des paysans pauvres en Asie ou ailleurs !

Dans notre élan, nous avions presqu’oublié à quel point nous sommes dépendants du climat ! Si nous ne cultivons pas, nous entendons bien un reportage radio ou télé dans lequel un agriculteur se plaint…. On a d’ailleurs l’impression qu’ils se plaignent tout le temps : il pleut trop, il fait trop sec….

Toutefois, une fois que nous remettons nos mains dans la terre, nous nous rendons compte à quel point nous sommes coupés de cette réalité : sans la complicité du climat, pas de production locale !

Du bio et du local… pas si évident

Pour en revenir aux expérimentations de cette année, s’il n’y a pas de hasard, les conditions climatiques exceptionnelles du printemps 2016 viennent rappeler à tous ceux qui se sont lancés avec de grandes idées et une bonne dose d’idéal que, sans la complicité du soleil et d’un minimum de chaleur, il n’est pas possible de faire son jardin ! Dans les conditions climatiques que nous avons connues cette année, peu de graines germent et celles qui parviennent à sortir de terre sont pour la plupart immédiatement dévorées par les limaces. Celles qui ont franchi cet obstacle et les plants repiqués qui parviennent à survivre à la voracité des limaces ont du mal d’arriver à maturité soit parce qu’ils ne sont pas pollinisés (comme les courges par exemple), soit parce qu’ils sont atteints par la maladie (comme les pommes de terre).

Notre sécurité alimentaire

Décidément, notre sécurité alimentaire est bien fragile. Nous sommes non seulement dépendants des multinationales, des échanges internationaux… mais aussi – c’était finalement bon de le rappeler –  des caprices du climat.

Il est bon de retrouver une certaine humilité. Nous ne maîtrisons pas tout, loin de là!

Nous sommes de plus en plus nombreux à rechercher une production locale d’aliments sains. Comment pouvons-nous encourager les producteurs ? N’est-il pas important de les soutenir et de partager avec eux les risques? Comment réagissons-nous lorsqu’ils ont une mauvaise année comme l’an dernier ? Quel soutien peuvent-ils dès lors trouver pour partager les risques ?

Pour aller plus loin…

Serge Peereboom de la Ferme Arc-en-Ciel à Wellin met en place le premier système participatif de garantie agro éco logique. Il s’agit de réfléchir à une association entre le maraîcher et le consommateur. Que veut le consommateur? Qu’attend-il de son maraîcher? Qu’attend le maraîcher du consommateur. Plus d’infos ICI

 

A propos de l'auteur:

Marie-Berthe Ranwet

Régente en mathématique, licenciée en psycho-pédagogie, psychologue clinicienne, sophrologue, auteur de « Victimes d’amour : Après tout ce que j’ai fait pour toi », paru chez Mardaga et de « Stop à l’ingratitude des enfants, conjoints, amis… et à la nôtre « . Pour acheter ce dernier, il suffit de verser 18€50 sur le compte de l’ASBL Réfl’Actions BE70 6528 2741 4025 – Bic: HBKA BE22 avec en communication l’adresse complète de livraison.
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