Comment vivre plus de convivialité?

Comment retrouver la convivialité?

Cette année nous fêtons le centième anniversaire de la trêve de Noël 1914. Un moment magique dans les tranchées, une rencontre conviviale entre les soldats allemands et les soldats anglais! Ce moment a été immortalisé dans le film « Joyeux Noël » réalisé par Christian Carion, sorti en 2005. En voici un extrait de 3 minutes.

Comment un tel événement a-t-il pu se produire?

Qu’est-ce qui a permis à ces soldats de prendre le risque de se mettre à découvert devant l’ennemi et d’oublier pour quelques heures leurs objectifs et la raison de leur présence dans cette galère?

Au début du siècle dernier, l’éducation avait formé des hommes « forts » qui avaient le sens du devoir, de la loi à laquelle on doit se soumettre, de l’obéissance à l’autorité. Ils étaient formés dans l’esprit d’être les piliers de la famille et de la nation! Pas question de se laisser aller à sa douleur ou à ses émotions! Ils devaient défendre leur terre et libérer leur pays de l’envahisseur!

Noël 1914, un moment magique a marqué une pause dans l’enfer qu’ils vivaient après des mois de tranchées et les lourdes pertes subies… Ce moment ne les a toutefois pas empêchés de poursuivre leur mission, leurs objectifs et de continuer à agir selon les principes qui étaient les leurs. Le lendemain, ils sont retournés au combat, non seulement par obéissance, mais aussi parce que c’était ainsi.

Un siècle plus tard, je ne me permets pas de porter un jugement sur le fond, sur les valeurs et les choix de ces hommes. Il y aurait sans doute beaucoup de recherche à faire pour bien comprendre l’état d’esprit de ces hommes! De plus, impossible de nous mettre à leur place! Qu’aurions-nous fait si nous étions nés en 1890? A leur tour, nos descendants interpréteront les événements que nous vivons. Comment nos choix de vie et nos engagements d’aujourd’hui seront-ils perçus en 2114?

Sans juger des motivations et valeurs de l’époque, dans cet article je veux simplement m’attarder sur le processus, la dynamique qui les a rassemblés en ce soir de Noël 1914. N’est-elle pas universelle? Ne peut-elle pas encore aujourd’hui nous donner une « recette » pour vivre un moment de convivialité y compris avec nos pires « ennemis », sans toutefois nous renier ni remettre en question nos décisions et nos choix. Qu’est-ce qui a permis une telle audace, une telle prise de risque de la part de ces hommes?

Un artiste, un interprète

A Noël en 1914, c’est Walter Kirchhoff, ténor, qui entonna un chant traditionnel: Stille Nacht. La musique est un langage qui nous touche au plus profond de nous-mêmes, d’autant plus si elle est interprétée avec talent! Une voix forte, chaleureuse, profonde traverse l’espace, le remplit et vibre à l’intérieur de chacun!

Un chant traditionnel, universellement connu

Au-delà de toute symbolique religieuse, ce chant traditionnel, traduit dans plusieurs langues, unis les hommes dans une même mélodie qui fait rejaillir le souvenir de tous les bons moments vécus depuis l’enfance sur fond de cette musique! A l’écoute de cette musique, chacun est à la fois très connecté à lui-même, puisque ses souvenirs lui sont strictement personnels, et aux autres, qui ressentent le même type d’émotions alimentées par d’autres souvenirs.

Ce chant, comme bien d’autres du même type, est à lui seul très apaisant et unificateur!  C’est un moment d’intimité partagée. Chacun se sentant d’une part unique et seul avec lui-même, ses sentiments et son passé et d’autre part relié aux autres, uniques eux aussi. Un moment mystérieux d’échanges qui dépassent les mots, les explications, les théories! L’expérience de se sentir humain parmi les humains!

Un jeu dont tout le monde connaît les règles

Après ce moment d’intimité, ils se sont mis à jouer au football. Ce jeu leur a permis d’agir ensemble autour de règles que personne ne discute. Dans ce cas, la loi ne soumet pas les hommes, comme la dure loi qui les a envoyés à la guerre. Ici, elle permet à chacun de trouver sa place, d’avoir un rôle bien déterminé à jouer, dans une partie où le but poursuivi est clairement défini. Le football les a réunis pour quelques instants autour d’un même but, avec les mêmes règles.

L’échange de cadeaux

Très démunis et n’ayant que le strict minimum, ce que ces hommes ont offert avait sans doute une grande valeur symbolique. C’est une partie d’eux-mêmes qu’ils ont donné, une partie de l’autre qu’ils ont reçu. Un objet qui allait re-présenter l’autre et ce merveilleux moment d’intimité vécu.

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A propos de l'auteur:

Marie-Berthe Ranwet

Régente en mathématique, licenciée en psycho-pédagogie, sophrologue, auteur de « Victimes d’amour : Après tout ce que j’ai fait pour toi », paru chez Mardaga et de « Stop à l'ingratitude des enfants, conjoints, amis... et à la nôtre ". Pour acheter ce dernier, il suffit de verser 18€50 sur le compte de l'ASBL Réfl'Actions BE70 6528 2741 4025 - Bic: HBKA BE22 avec en communication l'adresse complète de livraison. Vous pouvez aussi soutenir ce site en versant la somme de votre choix sur ce même compte.

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