La démocratie aux marges

  • Recontruire la démocratie dans des communautés autonomes, au service de projets concrets au service du collectif

Construire la démocratie

Depuis deux ans de crise sanitaire et en pleine guerre en Ukraine, que de fois n’a-t-on pas utilisé le mot démocratie? Mais qu’est-ce que la démocratie au fond? Quelles sont en fait les valeurs que nous exportons en son nom?

C’est dans un article de David Graeber*, édité aux Editions Flammarion “La démocratie aux marges” que j’ai cherché des réponses à cette question. Je vous recommande ce petit ouvrage! Il permet de prendre du recul avec le discours ambiant!

Pour vous donner l’envier de le lire, voici quelques réflexions et extraits en vrac!

Pour David Graeber*, “l’histoire de la “démocratie” ne doit pas être traitée comme la simple histoire du mot “démocratie”. Si la démocratie relève avant tout de la prise en charge de leurs propres affaires par des communautés humaines dans le cadre d’un processus ouvert et relativement égalitaire de discussion publique, alors il n’y a aucue raison de considérer que les formes de prise de décision égalitaires des communautés rurales en Afrique ou au Brésil mériteraient moins d’être désignées sous ce terme que les systèmes constitutionnels qui régissent la plupart des Etats nations aujourd’hui. Peut-être même le mériteraient-elles davantage”.

La culture Occidentale

Quand à la culture occidentale, quelles valeurs véhiculent-elles? On prône souvent la démocratie, individualisme, libéralisme,  droits de l’homme, égalité, liberté, mais n’y a-t-il pas aussi la science, l’industrie, la rationalité, la bureaucratie, les théories raciales, une tendance irrépressible à l’expansion géographique..?

Il faut dire que ces valeurs reconnues comme étant celles de la culture sont récentes dans notre histoire! David Graeber nous montre même à quel point elles auraient été inconcevables avant la fin du 19ème siècle!

“Des communautés égalitaires ont existé à travers toute l’histoire humaine…

… Et nombre d’entre elles étaient bien plus égalitaires que celle d’Athènes au 5ème siècle av J-C. Elles avaient toutes développé une forme ou une autre de procédure de décision pour régler leurs affaires collectives. Souvent ces procédures consistaient à  rassembler tout le monde pour des discussions dans lesquelles tous les membres de la communauté –  du moins en théorie – avaient voix au chapitre. Néanmoins ces procédures ne sont jamais considérées comme ayant pu être à proprement parler “démocratique” (…)  

La prise de décisions consensuelle est typique des sociétés au sein desquelles on ne voit aucun moyen de contraindre une minorité à accepter une décision majoritaire, soit parce qu’il n’existe pas d’Etat disposant du monopole de la coercition, soit parce qu’il ne manifeste aucun intérêt ni aucune propension à intervenir dans les prises de décisions locales. S’il n’y a aucun moyen de forcer ceux qui considèrent une décision majoritaire comme désastreuse à s’y plier, alors, la dernère chose à faire, c’est d’organiser un vote.”

“La démocratie majoritaire…

… ne peut émerger que lorsque deux facteurs sont conjointement à l’oeuvre: 1) le sentiment que les gens doivent avoir un pouvoir égal dans la prise de décision au sein du groupe, et 2) un appareil de coercition capable d’assurer l’application de ces décisions. (…) La Grèce Antique a été l’une des sociétés les plus compétitives que l’histoire humaine ait connues”.

Deux poids deux mesures

“Au moment même où les autorités européennes commençaient à se penser “démocratiques” – dans les années 1930, 1940, 1950 – elles ont initié une politique systématique de soutien aux élites réactionnaires contre tous ceux qui tentaient de mettre en œuvre outre-me ce qui pouvait vaguement ressembler à des réformes démocratiques.”

“En fait je pense qu’on peut aller encore plus loin. L’opposition à l’expansion européenne presque partout dans le monde, et cela dès ses débuts, semble avoir été menée au nom même de ces “valeurs occidentales” que les Européens en question n’avaient pas encore faites leurs”.

Dans un texte de 1574 dont vous trouverez les références dans le livre (p 68), un juriste arabe démontre “qu’il est juste de financer la guerre contre les Portugais dans la mesure où ils ont détruit la société tolérante et pluraliste dans laquelle musulmans, hindous, chrétiens et juifs avaient toujours réussi à coexister”.

Les lieux de naissance de la démocratie

L’auteur donne également dans cet ouvrage des exemples de lieux d’émergence de la démocratie. Dans les lieux d’mprovisation interculturelle, hors de portée des Etats, on découvre des expériences inspirantes. Rien à voir avec les textes anciens. L’inspiration est sans doute venue de l’observation de ce qui se passait dans des communautés aux marges. Là où les cultures se mélangent: les tribus indiennes accueillant des colons, les navires de pirates… Évidemment, ces sources ne peuvent être explicitement nommées comme telles. En fait, il était plus politiquement correct de trouver des justifications dans les textes anciens.

Quelle leçon en tirer?

Comment pouvons-nous retrouver une démocratie digne de ce nom? Devons-nous faire une révolution pour installer d’autres personnes au pouvoir? N’est-ce finalement pas préférable d'”abandonner l’idée que la révolution suppose la prise de contrôle de l’appareil de coercition de l’Etat et lui substituer le projet d’une refondation de la démocratie par l’auto-organisation de communautés autonomes?”

Des initiatives naissent un peu partout. Nous avons déjà parlé sur ce site de la monnaie libre. Vous trouverez aussi des informations Ici  Merciki peut-être aussi un outil intéressant. Il y a aussi toute une réflexion à avoir sur l’autonomie alimentaire et la qualité de notre alimentation. Nous pouvons encourager les circuits courts, tels que Coop Esem , La botte paysanne, Paysans Artisans…. et nous engager comme bénévoles pour développer les projets.

Vous avez des idées, des projets, rencontrons-nous. Envoyez-nous un mail! (marieberthe.ranwet ( a ) yahoo.fr

*David Graeber, anthropologue américain, a écrit entre autre de “Dette: 5000 ans d’histoire”, “Bullshit job” et de “Au commencement était… Une nouvelle histoire de l’humanité”.

 

A propos de l'auteur:

Régente en mathématique, licenciée en psychopédagogie, sophrologue, auteur de « Victimes d’amour : Après tout ce que j’ai fait pour toi », paru chez Mardaga et de « Stop à l'ingratitude des enfants, conjoints, amis... et à la nôtre ". Pour acheter ce dernier, il suffit de verser 18€50 sur le compte de l'ASBL Réfl'Actions BE37 73205348 3528 avec en communication l'adresse complète de livraison. Vous pouvez aussi soutenir ce site en versant la somme de votre choix sur ce même compte.

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