Quand et comment dire « Non » à un enfant?

  • Quand et comment dire "Non" à un enfant?

Quand et comment dire « Non » à un enfant ?

N’avez-vous jamais remarqué à quel point il est difficile de dire « non » à un enfant devant d’autres adultes ? Il y en a toujours bien un qui va prendre sa défense et vous contredire devant lui! D’ailleurs, si vous avez des enfants, vous avez pu constater qu’ils le savent. C’est ainsi qu’ils profitent le plus souvent de la présence d’un adulte plus laxiste pour faire des demandes plus délicates. Les enfants ont en effet l’art de mettre les adultes dans l’embarras…  D’ailleurs, qui n’a jamais accepté quelque chose qu’il aurait refusé s’il avait pris le temps d’y réfléchir calmement?

« On ne refuse pas un verre d’eau à un enfant qui a soif ! »

Effectivement, c’est  juste! Mais quelle soif? La soif qu’on s’occupe de lui? Ou bien celle qui lui permet d’échapper à quelque chose qu’il n’aime pas: ranger, se coucher?

Cette phrase, c’est par exemple la cuisinière d’un stage de vacances qui la prononce. L’animatrice venait de répondre : « Attends un quart d’heure. On va bientôt se mettre à table. Continue à ranger avec les autres».

C’est aussi l’adulte qui contredit son partenaire de vie, qu’il soit ou pas parent de l’enfant en renvoyant l’enfant au lit. « Tu devais y penser plus tôt. Je t’ai proposé à boire et tu as refusé, maintenant il est trop tard. » La discussion commence alors entre adultes. « Il sort de table, et tous les soirs, c’est pareil, il cherche toutes les excuses pour venir nous rejoindre dans le salon. Et toi, tu lui laisses tout passer » dit Katia à Frank à propos de leur petit dernier.

Règle d’or: Ne jamais se contredire devant les enfants

C’est la première chose que l’on apprend aux jeunes qui passent leur brevet d’animateurs! Eduquer un enfant, ce n’est pas le séduire, ce n’est pas tout faire pour être le meilleur à ses yeux et pour se faire aimer de lui. C’est unir sa voix et ses forces avec les autres adultes responsables pour aider le jeune à grandir, à sortir du « ventre », du « cocon » parental.

Éduquer un enfant, c’est l’aider à devenir un adulte capable de vivre des relations harmonieuses et d’apporter sa contribution dans chacun de ses milieux de vie (loisirs, travail, école, maison…)

Ce que l’enfant doit apprendre pour devenir un adulte épanoui et heureux

  • tout ne lui est pas dû
  • il n’est pas le centre du monde
  • les autres, y compris ses parents, ont une vie et ne sont pas à son service
  • il est parfois bénéfique de différer la satisfaction d’un besoin
  •  il peut prendre sa place mais pas toute la place

Certains « Non » font mal  parce qu’ils confrontent l’enfant à la réalité de la vie

Et pourtant, ils sont nécessaires. Car pour devenir « grand », l’enfant doit perdre ses illusions d’enfant et se rendre compte, par exemple, que

  • le repas ne tombe pas tout cuit du ciel
  • ce n’est pas par miracle que les vêtements arrivent repassés et rangés dans l’armoire
  • le temps passe et on doit le gérer
  • on doit assumer ses erreurs et réparer les conséquences de ses actes
  • tout n’est pas permis
  • il y a des limites financières, de temps, d’espace, de compétences, de statut
  • les autres existent, ont des besoins, des désirs et des droits

Oser dire « Non » et maintenir ce non permet à l’enfant de se structurer

Quand l’enfant découvre qu’il est capable de passer au-delà de ses frustrations et de différer la satisfaction de ses besoins, il devient plus calme. Il gère mieux ses émotions et se sent plus en sécurité. Il développe la confiance en lui et dans la vie. Ce qu’il n’a pas appris dans son enfance, il devra l’apprendre plus tard, à l’âge adulte, et cela sera d’autant plus douloureux!

Dans le passé, beaucoup de mères ont empêché les pères et beaux-pères de mettre leurs limites. Elles ont été confrontées à des jeunes adultes irrespectueux, capables même de violence à leur égard pour obtenir ce qu’ils voulaient. Actuellement, on voit de plus en plus souvent l’inverse. Des mères qui exigent et des pères qui protègent de la réalité de la vie. Quoi qu’il en soit, c’est un sujet de disputes fréquent dans les familles.

L’adulte peut – doit – se faire respecter par l’enfant

« Arrête d’être toujours sur le dos de Cindy » dit François à Katia qui demande que le linge sale arrive dans les bacs à linge à la buanderie. Cindy à 13 ans et laisse les vêtements là où ils tombent quand elle se déshabille dans la salle de bain. Pendant que ses parents se disputent, Cindy peut garder l’illusion qu’elle a le droit de vivre sans frustrations! Qu’elle pourra ne faire que ce qui lui plaît quand cela lui plaît. Par ailleurs, elle risque de devenir un adulte-enfant, incapable de s’assumer, de supporter les frustrations d’un travail ou de construire une famille harmonieuse.

Dans les familles recomposées, c’est souvent le beau-père ou la belle-mère qui va se rendre compte le premier que l’enfant continue à se comporter comme un bébé. Alors, on va souvent mettre cela sur le compte du fait qu’il n’est pas le père ou la mère! C’est une erreur. Quand les deux parents élèvent ensemble l’enfant, il y en a toujours un qui prend conscience le premier qu’il est temps de mettre l’enfant face aux réalités de la vie. Et c’est important de faire confiance à ce parent qui, parce qu’il sent tout à coup que quelque chose ne va pas,  refuse d’être utilisé par l’enfant et exige d’être respecté comme une personne à part entière.

De manière tout à fait naturelle, le parent sent un agacement quand l’enfant refuse de grandir et se comporte comme un enfant plus jeune. Encore faut-il qu’il écoute cette voix en lui!

Quel avenir pour l’enfant sans limites?

Si le parent, par peur d’être rejeté de l’enfant, n’affirme pas ses limites, c’est l’enfant qui en subira les conséquences plus tard. Combien de jeunes ne dépriment-ils pas en arrivant dans le monde du travail ?

« Mon patron est toujours sur mon dos. J’en ai marre ! Ce n’est pas ce que je veux faire de ma vie »… Kévin n’a pas su se plier aux exigences d’un travail. Chômeur, à 32 ans, il passe ses journées sur les jeux en ligne. Sa maman continue à le servir. Kévin ne fait rien à la maison. Il n’a pas de relation affective stable. Bien qu’il ramène de temps en temps une fille pour dormir, cela ne dure jamais longtemps. Depuis sa plus tendre enfance, sa mère l’a protégé. Après le départ de son père, elle n’a jamais su refaire sa vie. Aucun homme n’a eu la permission de mettre des limites à Kevin, aucun n’a supporté les exigences de cet enfant-roi rapidement devenu tyran.

Mettre des limites: un devoir, une responsabilité

« Plutôt que de se demander comment il va pouvoir faire en sorte que son enfant perturbe moins, l’adulte va se creuser la tête et se poser la question: « Pourquoi agit-il ainsi? » avec toujours comme première réponse qui lui vient à l’esprit: « A cause de moi. » Le drame de l’éducation, c’est qu’il y a trop de psychologues et pas assez d’adultes. » Alain Valterio, psychanalyste.

Quel avenir voulons-nous pour nos enfants? Par ailleurs, quelles compétences voulons-nous les aider à acquérir? Quel type d’adulte voulons-nous former? Ce sont les réponses à ces questions qui peuvent nous aider à

  • savoir quand et comment nous pouvons dire « non » aux enfants!
  • faire respecter le « non » prononcé par un autre adulte et aider le jeune à se dépasser plutôt que de le victimiser.

Un pas plus loin!

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Cet article écrit en février 2013 vient « d’être rafraîchi ». Vous a-t-il aidé à avancer? C’est l’objectif! En envoyant le lien par mail ou en le partageant sur les réseaux sociaux, vous contribuez avec nous au développement d’une culture plus humaine.

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A propos de l'auteur:

Marie-Berthe Ranwet

Régente en mathématique, licenciée en psycho-pédagogie, psychologue clinicienne, sophrologue, auteur de « Victimes d’amour : Après tout ce que j’ai fait pour toi », paru chez Mardaga et de « Stop à l’ingratitude des enfants, conjoints, amis… et à la nôtre « . Pour acheter ce dernier, il suffit de verser 18€50 sur le compte de l’ASBL Réfl’Actions BE70 6528 2741 4025 – Bic: HBKA BE22 avec en communication l’adresse complète de livraison.
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2 Commentaires

  1. Michèle

    En tant qu’institutrice, j’ai rencontré trop d’enfants déstructurés et angoissés par un manque de balises, de décisions qui tiennent la route et de règles incontournables. Les enfants ont besoin de barrières tangibles pour se sentir en sécurité…je ne parle pas de barrières qui entraveraient sa route mais de barrière-balises !!! Si ces règles sont constantes et sensées, elles aideront l’enfant rassuré à s’épanouir plutôt qu’à inquiéter et tester sans arrêt les limites de l’adulte en charge de sa sécurité.. Ne pas oser dire « non » ou ne pas s’y tenir, c’est encombrer la tête, l’esprit, le chemin des enfants par des décisions qui reviennent à nous, adultes.
    Voilà ma façon de voir les choses. Elle vaut ce qu’elle vaut mais je vous assure que dans une classe d’enfants caractériels, si vous parvenez à les rassurer par ces « non, je ne suis pas d’accord », alors, on peut commencer les apprentissages dans une ambiance rassurante et claire, aussi bien pour l’enseignant que pour l’enfant.
    J’ai du aussi apprendre les limites des enfants qui m’étaient confiés et cadrer mon rôle à leurs balises.
    Dire « non », exprimer les limites n’est pas du tout une entrave à la Liberté mais bien un cadrage nécessaire pour bien la construire et bien la vivre.

  2. marie

    Ce que l’enfant doit apprendre pour devenir un adulte épanoui et heureux

    tout ne lui est pas dû
    il n’est pas le centre du monde
    les autres, y compris ses parents, ont une vie et ne sont pas à son service
    il est parfois bénéfique de différer la satisfaction d’un besoin
    il peut prendre sa place mais pas toute la place
    —————————————————————————————————————–

    Relire tout ce qui précède réveille des douleurs …
    Si j’avais suivi les conseils écrits ci-dessus , je n’en serais peut-être pas où j’en suis maintenant càd vivre avec un fils qui me rejette
    Et pourtant , nous avons fait ce que nous avons pu , nous pensons avoir bien fait , nous avons peut-être trop fait
    Un conseil : soyez prudents …… éduquer un enfant est ‘très » difficile …

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