Examens: Bloquer sans débloquer?

  • Examens: Bloquer sans débloquer

Examens: Bloquer sans débloquer

La période des examens et du blocus arrive… Il est temps de se mettre à bloquer. C’est une période qui est souvent très pénible pour les enfants, mais aussi pour leurs parents.

Comment aider au mieux nos enfants à réussir tout en se donnant la permission, à soi et aux autres enfants, de continuer à vivre ?

Aline est en 6ème secondaire. Elle doit beaucoup travailler pour obtenir de bons résultats. Son frère Etienne est en 4ème. Il se contente de résultats moyens qu’il obtient sans trop se fouler. Quand Aline étudie, elle ne supporte pas le moindre bruit. Une porte qui claque, une conversation dans une pièce voisine, un peu de musique, le bruit de pas dans le couloir ou les escaliers, le mixer ou la tondeuse… tout l’énerve. Elle s’énerve, accuse son frère ou ses parents de ne pas la respecter et de ne pas la soutenir plus. Pour elle, ce n’est pas normal! Ils devraient comprendre qu’elle étudie.

Bref, c’est toute la famille qui voyait arriver la session avec appréhension! Face à cette montée de stress, les parents d’Aline ont pris un rendez-vous pour une consultation familiale: qu’est-ce qui était normal et qu’est-ce qui ne l’était pas? Quels étaient les droits de chacun? Au cours de l’entretien, ils ont reçu quelques « repères théoriques » pour sortir de cette question de la normalité et retrouver leurs valeurs et le sens. Les décisions à prendre leur sont alors apparues plus clairement. 

L’enfant a-t-il tous les droits parce qu’il étudie ?

Est-ce une bonne chose de se soumettre à toutes les exigences d’un enfant sous le prétexte qu’il étudie ? Nous sommes des êtres sociaux, interdépendants. Nous avons besoin des autres. Impossible donc de vivre seul sur une île déserte. En tant que parents, nous devons par conséquent amener nos enfants à s’intégrer dans des communautés, à y trouver leur place ! Et pour cela nous devons mettre des limites, apprendre à leur dire « Non »! 

Nous devons aussi apprendre à nous respecter. Lorsque nous n’en pouvons plus d’être soumis aux exigences d’un enfant, notre souffrance face à son ingratitude  est saine et bonne conseillère. C’est bénéfique pour tous, pour lui comme pour nous, de ne pas l’accepter.

Notre rôle de parents et d’éducateur, c’est de confronter petit à petit nos enfants à la réalité de la vie : ils ne sont pas seuls, ils sont entourés d’autres humains qui eux aussi ont leur vie, leurs besoins… et ils doivent apprendre à agir, à se concentrer et à vivre avec les autres, dans un univers qui n’est pas parfait !

Comment réagir face à sa démission?

Ils doivent aussi apprendre à affronter des épreuves même lorsqu’ils ne sont pas certains de réussir.

Beaucoup de jeunes préfèrent rendre une feuille blanche plutôt que de risquer d’échouer après avoir fait le maximum. C’est moins douloureux pour l’image de soi! « J’ai échoué, mais c’est normal, je n’avais pas travaillé! » Ils ne manquent pas d’arguments pour justifier leur abandon: « Je manque de confiance en moi », « Quelque chose en bloque en moi « … Ils se servent d’un événement de leur passé pour justifier ce blocage: divorce des parents, décès d’un grand-père…

Les parents  tombent souvent dans le piège!

Il n’osent plus s’opposer! Ils cherchent alors parfois le soutien d’un psy pour aider le jeune à retrouver la confiance en lui ou à trouver dans le passé les raisons de son blocage. Mais en agissant de la sorte, ils n’aident pas toujours le jeune! Si le psy prend la demande au pied de la lettre sans comprendre l’enjeu derrière la demande, le jeune rate l’opportunité d’apprendre à vivre sereinement des échecs et à en tirer les leçons! Or, c’est de nos échecs que nous apprenons le plus!

Une autre chose qui va permettre aux enfants et adolescents d’avancer, c’est l’acceptation de la réalité de la vie, de la réalité humaine. Un jeune qui a compris les grandes étapes du développement affectif de tout être humain de la naissance à l’âge adulte accepte plus facilement que ses parents aient leur propre vie, indépendamment de lui. Le changement peut être radical. Je l’ai constaté de nombreuses fois au cours des entretiens et des bilans familiaux.

Surtout ne démissionnez pas! C’est dans la relation avec leurs parents que les jeunes apprennent à trouver leur place sans prendre toute la place. La difficulté, c’est de trouver le juste milieu! Etre présent, soutenir, encourager… sans en faire trop, sans être amené à leur lancer un « Après tout ce que j’ai fait pour toi ».

Comment négocier les temps et les espaces en tenant compte des besoins de chacun ?

Tout en restant à l’écoute des besoins de l’enfant, les parents restent aussi conscients des leurs et de ceux des autres frères et soeurs. Pour eux tous, la vie continue ! Pas question de se soumettre aux caprices et aux exigences de celui qui étudie! Mais cela n’empêche pas de chercher des réponses aux questions qui se posent. Comment organiser l’agenda pour créer des espaces/temps calmes bien délimités ? Y a-t-il moyen de passer certains moments de la journée chez une grand-mère ? Ou dans une maison familiale momentanément inoccupée ? Comment retrouver des temps de liberté durant lesquels chacun peut s’exprimer, bouger et vaquer à ses occupations plus librement ?  Quelles règles peut-on mettre pour que l’étudiant en bloque ne monopolise pas toute l’attention ? Pour qu’il puisse aussi se détendre en participant à la vie familiale ?  Quelles sont les résolutions à prendre pour que tout se passe pour le mieux pour tous?

Des petites pauses

L’étudiant a aussi besoin de temps de pause, des moments où il pense à autre chose que ses cours. Un peu de sport, un repas familial, une rencontre amicale sont des moments de ressourcement nécessaires pendant  lesquels le cerveau continue le travail de mise en mémoire… En mettant tout en œuvre pour que la vie continue malgré tout, les parents permettent l’émergence de moments agréables et ludiques dont l’étudiant pourra lui aussi profiter !

Limiter les écrans et GSM

Pour faciliter la concentration du jeune, vous pouvez aussi l’aider à se mettre des limites en lui proposant de garder le GSM, en coupant le Wifi… C’est important aussi que le temps consacré aux pauses ne soient pas uniquement réservé aux applications: réseaux sociaux…

Une leçon de vie

La session d’examen est une occasion d’apprendre à ne pas tout lâcher pour s’investir dans un seul domaine de sa vie. Apprendre à garder une vie équilibrée, coûte que coûte, en toute circonstance, permettra au jeune devenu adulte de garder un équilibre entre sa vie personnelle et sa vie professionnelle… Le jeune peut déjà apprendre à organiser sa session en étant fidèle à ses valeurs et au sens qu’il veut donner à sa vie.

Et le stress des parents ?

Parfois, ce sont les parents qui stressent et qui en font trop… qui ne comprennent pas que le jeune s’arrête, voit un ami, fasse du sport… C’est alors à eux de voir comment mieux gérer leurs pensées et leurs émotions pour créer l’ambiance familiale sereine dont le jeune a le plus grand besoin.

Deux exercices de base pour gérer son stress de parent ou d’étudiant

Deux exercices inspirés de la sophrologie et de la pleine conscience peuvent aider parents et enfants à vivre mieux les périodes d’examen…

  • Se concentrer sur sa respiration, sur le trajet de l’air qui entre et qui sort des poumons, sur toutes les sensations et les mouvements du corps liés à cette respiration.
  • Faire quelques mouvements pour passer de la tension à la détente. Sur l’inspir, en bloquant la respiration, créer une tension à un endroit précis (crisper le visage ou serrer le poing ou tendre les bras ou les jambes…) et puis détendre tout d’un coup en chassant l’air. Recommencer en crispant un autre endroit.

Ces exercices répétés régulièrement augmentent les capacités de concentration, d’observation et l’ancrage dans le présent.

Et si votre fils ou votre fille a le don de vous mettre en colère? S’il vous met à bout? C’est le moment d’apprendre à la canaliser!

Bonne chance à tous pour traverser cette période difficile!

Un pas plus loin!

Le savoir change la vieParticipez activement à ces changements! Partagez le lien de cet article par mail avec vos amis et devenez fan de notre page Facebook.

Et si vous avez besoin d’aide, sachez qu’un seul entretien (bilan) peut vous aider à voir les changements à apporter! Tarifs.

NB. Première parution de cet article sur ce blog le 10 mai 2013

A propos de l'auteur:

Marie-Berthe Ranwet

Régente en mathématique, licenciée en psycho-pédagogie, sophrologue, auteur de « Victimes d’amour : Après tout ce que j’ai fait pour toi », paru chez Mardaga et de « Stop à l'ingratitude des enfants, conjoints, amis... et à la nôtre ". Pour acheter ce dernier, il suffit de verser 18€50 sur le compte de l'ASBL Réfl'Actions BE70 6528 2741 4025 - Bic: HBKA BE22 avec en communication l'adresse complète de livraison. Vous pouvez aussi soutenir ce site en versant la somme de votre choix sur ce même compte.

Laisser un commentaire

luctus dolor. ut ut nunc Aenean mattis ultricies massa nec ipsum libero