Est-ce nécessaire de comprendre le passé pour avancer?

  • Est-ce nécessaire de comprendre le passé pour avancer?

Est-ce nécessaire de comprendre le passé pour avancer?

Qui aujourd’hui n’a pas essayé de comprendre son passé, ce qui fait qu’il est ce qu’il est à un moment donné?

Quel regard porter sur le passé?

  • Premier type de regard, le moins pratiqué: percevoir d’où viennent nos qualités, nos forces et nos compétences… « Suite au divorce de mes parents, j’ai appris à me débrouiller seul. Je voulais être autonome. Aujourd’hui encore, je pense que cet événement m’a permis d’avancer dans la vie ». (C’est une réaction assez rare vous en conviendrez!)
  • Deuxième type de regard: face à une difficulté présente, chercher les traumatismes anciens! C’est devenu un réflexe, une obligation presque dans nos sociétés occidentales. Confronté à un problème, c’est une des premières pistes que l’on explore. « Que s’est-il passé dans notre enfance pour expliquer la manière d’être et les réactions inadaptées?« .  Si la question ne nous vient pas spontanément, ce sont les amis et psys que nous rencontrons, les journalistes que nous lisons ou simplement nos proches qui vont nous inviter à ce type de retour dans le passé, avec en toile de fond la question « Est-ce que je suis bien moi? »

Certains regards plongent dans « l’impuissance apprise »

Évidemment, selon la manière dont nous cherchons des réponses dans le passé, nous obtiendrons des informations différentes. D’un côté nous trouverons dans notre passé des pistes pour rebondir, de l’autre, nous renforçons notre sentiment d’impuissance et notre tristesse d’être soumis à un destin qui nous est imposé. Nous risquons alors d’être submergés par des tas d’émotions difficilement gérables! Les difficultés que nous rencontrons semblent être liées à ce que nous sommes. Elles se reproduisent continuellement, et envahissent tous les domaines de notre vie. Cette manière « pessimiste » de réfléchir nous paralyse: nos problèmes actuels passent au deuxième plan. Prenons un exemple de cas rencontré en thérapie.

En thérapie, Erica déterre de vieilles rancunes

 « Je n’aime pas quand mon mari s’en va. Je voudrais surtout le garder toujours auprès de moi. Evidemment, je sais que ce n’est pas possible, mais cela me fait trop mal quand je le vois partir. Je le retiens donc par tous les moyens si bien que maintenant, il en a marre. J’ai peur qu’il me quitte ! », dit Erica à son psychologue.

Des questions types

Ce dernier l’invite alors tout naturellement à explorer son passé pour trouver dans le but de comprendre les origines de cette peur d’abandon. « Comment cela se passait-il avec vos parents quand vous étiez petite? Vous ont-ils éventuellement laissée seule ? Y a-t-il eu en outre un événement qui aurait pu vous donner l’impression d’être abandonnée ? » Les souvenirs remontent plus ou moins facilement à la surface. Erica interroge ses proches interloqués. « Tu m’en demandes trop ! Comment veux-tu que je me souvienne de tout cela ? Tout compte fait, nous avons fait le mieux que nous avons pu… » répond sa mère agacée. Si bien qu’Erica se sent confortée dans la conviction qu’elle n’était pas importante pour sa maman.

Le début d’une longue recherche

Erica reconstitue avec soin une ligne du temps, les événements marquants dans la vie de ses parents et de la famille : naissance d’un enfant, changement de travail, disputes, décès d’un grand-parent, déménagement…. Et plus elle trouve des raisons à son mal-être et des origines à sa peur de l’abandon, plus elle se sent impuissante ! « Quelle injustice ! J’ai vraiment tiré le mauvais lot ! Comment pourrais-je être quelqu’un de bien avec de tels parents inconscients et incompétents? A cause d’eux, je passe à côté de ma vie! Que vais-je devenir ? » répète-t-elle chez son psy au fil des séances, nourrissant ainsi incompréhensions et rancunes… « Comment mes parents ont-ils pu agir de la sorte ? Pourquoi n’ai-je pu être aimée comme j’aurais mérité  del’être ? »

Et après? Comment gérer tout cela ?

Une fois réactivées, nos rancunes nous isolent. Dans la mesure où nous n’avons plus envie de voir ceux qui nous ont fait du mal ou qui n’ont pas été à la hauteur de nos attentes, nous fuyons les fêtes de famille, les rencontres. Vu que leur simple présence nous replonge dans la colère, nous interprétons chacune de leurs attitudes ou remarques comme un manque d’amour et d’attention.

Nos rancunes nous détruisent

Nos rancunes détruisent des réseaux sociaux, des amitiés, elles disséminent des familles. Le prix à payer est énorme, et pas seulement pour les personnes concernées, aussi pour tous leurs proches. Combien de familles n’ont-elles pas été détruites après les questionnements sans fin d’un membre en thérapie ?

On a prouvé aujourd’hui que ruminer, rester victime des autres et des événements nuit à la santé, à nos relations, à notre entourage. Ruminer empêche d’avancer. Tant que l’on rumine, on reste attaché à ceux qui nous ont fait du mal. Ils continuent à avoir un pouvoir sur notre vie, puisque tout tourne autour de ce qu’ils nous ont fait.

Obnubilé par le passé nous oublions de vivre dans le présent

Alors pourquoi tant de psys continuent-ils à explorer le passé de manière presque systématique ? N’y a-t-il pas un risque au cours de cette recherche d’être fasciné et de ne plus pouvoir lâcher ses ressentiments? Erica est à présent bien loin de son problème actuel! Complètement submergée par ses recherches, par ce qu’elle découvre, elle demande à son mari de prendre patience: « J’avance avec ma psy… tu ne dois pas m’en vouloir. Il s’est passé des choses dans mon enfance qui me bloquent aujourd’hui… quand je saurai lesquelles, cela ira mieux »!

Une alternative: Partir d’où je suis et savoir où je vais

Vous vous souvenez le problème de départ? Erica a du mal de voir partir son mari. Au lieu de chercher à comprendre « Pourquoi? » elle peut se concentrer sur le « Comment » elle va dépasser cette peur qui est en train de détruire son couple? et sur le « Pour Quoi » elle veut vraiment changer! Quels résultats vise-t-elle? Que cherche-t-elle à obtenir?

Acceptation de nos émotions

Pour cela, elle doit commencer par accepter que, quelles qu’en soient les raisons, cette peur est gravée en elle! Non seulement son histoire personnelle mais aussi celle de toutes les femmes qui l’ont précédée depuis la nuit des temps l’ont forgée de la sorte.  Et elle  n’est pas la seule à être confrontée à ce type de difficultés! Comme tant d’autres avant elle l’ont fait, elle peut trouver et apprendre d’autres manières de réagir en se posant des questions telles que :

  • « En quoi cette manière d’être est-elle un problème ici et maintenant dans sa vie ?
  • Y a-t-il des moments où elle est parvenue à dominer sa peur de voir partir son mari ?
  • Dans quel contexte est-ce plus facile pour elle de le laisser partir ?
  • Que va-t-il se passer si elle ne résout pas ce problème ? Est-elle bien motivée à faire ce qu’il faut pour le dépasser ?
  • Y a-t-il des choses qu’elle pourrait apprendre pour être capable de dépasser cette peur ?
  • Que va-t-elle mettre en place pour y arriver en tenant compte de ce qui a déjà marché?

Cet autre regard sur nos difficultés nous dynamise!

Si vous vous entrainez à ce type de questions pour vous-même et avec ceux que vous aimez et qui se confient à vous, vous découvrirez à quel point la vie devient facile et légère une fois que vous acceptez votre réalité personnelle et humaine! Retrouvez dans votre passé les forces, les motivations, les compétences qui vous ont déjà aidé à vous dépasser!

Un pas plus loin!

Le savoir change nos interprétations et notre regard change la vie! Diffusons ensemble les savoirs qui libèrent du passé! Libérons-nous d’une culture pathologisante qui nous entraîne dans la honte et le rejet de soi.

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Cet article a été posté pour la première fois sur ce blog le 17 avril 2013

A propos de l'auteur:

Marie-Berthe Ranwet

Régente en mathématique, licenciée en psycho-pédagogie, psychologue clinicienne, sophrologue, auteur de « Victimes d’amour : Après tout ce que j’ai fait pour toi », paru chez Mardaga et de « Stop à l'ingratitude des enfants, conjoints, amis... et à la nôtre ". Pour acheter ce dernier, il suffit de verser 18€50 sur le compte de l'ASBL Réfl'Actions BE70 6528 2741 4025 - Bic: HBKA BE22 avec en communication l'adresse complète de livraison. Vous pouvez aussi soutenir ce site en versant la somme de votre choix sur ce même compte.

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