Est-ce que je suis moi-même ?

Est-ce que je suis bien moi-même ? 

  • Sois-toi même !
  • Fais-le pour toi !
  • Pense à toi !
  • Prends soin de toi !
  • Trouve TA voie !
  • Deviens ce que tu Es !
  • Exige et impose ce que ton Moi réel désire.
  • Libère-toi des cadres artificiels qui t’empêchent d’être toi !

C’est le type de discours dans lequel nous baignons continuellement. Tel un refrain, un bruit de fond, la question du vrai Moi s’infiltre partout : dans les magazines, les reportages, la publicité, les conversations amicales… Les jeunes plus particulièrement sont sans cesse confrontés à ce type d’injonctions. Confrontés à des frustrations ou des échecs, les questions qui viennent alors naturellement à l’esprit sont:

  • Est-ce bien mon vrai Moi ?
  • « Mes cours ne me plaisent pas, finalement, je pense que ce n’est pas ce que je veux faire » 
  • Est-ce bien le vrai Toi ? Es-tu vraiment toi-même quand tu refuses de t’engager, d’étudier, de réussir…?

On s’interpelle mutuellement  sur le ressenti, les choix, les projets et sur les origines profondes de nos comportements. Tout peut être interprété.

  • « Es-tu vraiment toi-même quand tu t’opposes à moi? 
  • Quand tu refuses d’emménager avec moi? N’as-tu pas peur de t’engager? Tu ne crois pas que c’est dû à ce que tu as vécu avec tes parents ? A ce que ta mère a fait subir à ton père?… »

La question « Es-tu bien toi? » peut devenir un outil de manipulation assez efficace quand le sens caché est:

« Tu n’es pas toi si tu n’es pas comme moi je pense que tu es au fond de toi! »

Etre pleinement soi, une utopie?

Travailler sur soi est devenu un devoir, une obligation. Sans cesse mis au défi de trouver notre Vrai Moi nous exerçons à notre tour une pression sur nos proches, y compris sur nos enfants, pour qu’ils ne passent pas à côté de leur être profond.

« Tu peux faire ce que tu veux, nous respecterons tes choix. Nous te demandons juste de t’épanouir, de trouver ta voie et d’être heureux ».

Comme si c’était si facilement accessible! Comme si c’était accessible! Comme s’il n’y avait qu’à! Les parents ne se rendent pas compte du poids qu’ils font peser sur leurs enfants!

Une recherche sans fin?

Soyons réalistes!

  • Ce n’est pas possible humainement d’être totalement épanoui, pleinement heureux, pleinement soi-même! Le but n’est jamais atteint!
  • L’enfant qui est confronté à ce souhait de ses parents ne sait pas quand ‘il a rempli son devoir, quand il a vraiment trouvé sa voie et son bonheur.
  • Cette recherche de Soi explique de nombreux abandons et désengagements. Si c’est trop dur, s’il faut faire des efforts, si on ne sent pas de plaisir, c’est qu’on n’est pas bien Soi!

Nous croyons laisser nos enfants totalement libres en leur demandant d’être pleinement eux-mêmes. Mais en réalité, nous les enfermons dans une recherche sans fin d’un idéal inaccessible! Replié sur eux-mêmes, sur leurs ressentis et finalement… sur leur nombril, nous les coupons de la réalité de la vie humaine. Ils risquent d’attendre d’être certains d’être eux-mêmes pour commencer à vivre, à créer, à apporter leur contribution à la construction de l’humanité!

De plus, derrière cette liberté d’être soi, se cache une lourde charge, une terrible responsabilité. Aujourd’hui, nous sommes responsables de qui nous sommes…  Nous ne pouvons plus nous retrancher derrière un rassurant « Je suis menuisier parce que mon père l’était ». Au contraire.

« Si je suis ce que je suis, c’est parce que je l’ai choisi, voulu! Personne, ni mes parents, ni la société n’a fait une quelconque pression sur moi pour que je sois ce que je suis. Mais je me rends compte aujourd’hui que je me suis planté sur toute la ligne. Je ne suis pas bien, ce n’est pas moi. Je suis toujours en train de chercher ce que je suis vraiment, l’activité dans laquelle je serais pleinement moi. »  raconte Pierre, 45 ans.

D’où le doute et le désengagement dès que nous sommes confrontés à une épreuve.

« Etait-ce bien ma voie? Ne me suis-je pas trompé?

Mais qu’est-ce qu’être soi?

Comment faire la part des choses dans toutes les informations, souvent contradictoires, que nous recevons? Comment avancer dans la connaissance de soi?

D’abord et avant tout, être Soi, c’est être pleinement humain!

  • S’informer, être ouvert sur tout ce qui nous éclaire sur la réalité de la vie humaine – l’histoire des hommes, les étapes du développement humain, le potentiel et les limites physiques, matérielles, psychiques inhérentes à notre condition humaine.   
  • Construire et cultiver une vision réaliste de l’humain:

Apprendre qui je suis en alternant actions, rencontres, réflexions! 

Ce qui fait de moi un individu unique reste assez anecdotique, il faut bien le dire, à côté de toutes les caractéristiques que je partage avec les autres humains. Tout ne m’est pas possible. Je suis limité par ma condition humaine! Cette prise de conscience que nous sommes des êtres humains parmi d’autres nous invite à apprendre pour nous-mêmes (et à transmettre à nos enfants) les capacités de

  • Accepter la réalité telle qu’elle est pour pouvoir vivre la seule vie qui nous est donnée : la nôtre.
    • Accepter notre héritage culturel, social, génétique (la moitié des traits de personnalité sont innés) et construire à partir de ce qui nous est donné. Pas question de nous reprogrammer! Nous pourrions y passer 10 – 20 ans pour finir par constater qu’il y a vraiment des traits de notre personnalité que nous ne pouvons absolument pas changer et que nous devons accepter.
    • Vivre en continuité avec notre histoire, sans nécessairement replonger dans le passé.
    • Reconnaître notre interdépendance, notre besoin d’appartenance et donc de vivre au sein de communautés. Commencer par respecter les règles dans chacun des milieux auxquels nous appartenons avant d’agir pour les faire évoluer.
  • S’engager dans une action réfléchie et concertée, en cohérence avec notre moi, le vrai, pas celui qui devrait être, celui qu’on rêve d’être, que les autres attendent qu’on soit… NON, avec celui qui est. Et pour cela, nous pouvons apprendre à
    • Etre à l’écoute non seulement de nos envies et pulsions, mais aussi de nos idéaux, de nos forces et de nos valeurs. Dans quelle activité nous sentons-nous bien? Que faisons-nous avec le plus de facilité? Observer dès leur plus jeune âge ce que nos enfants font avec le plus de plaisir et de facilité. Leur donner l’occasion de s’entraîner dans ces actions.
    • Reconnaître nos erreurs et manquements et, à partir d’eux, savoir nous construire une ligne de conduite pour ne plus les refaire à l’avenir. Nous mettre des règles, des balises en tirant les leçons du passé pour avancer et construire l’avenir.  Faire de même pour nos enfants et leur apprendre petit à petit à le faire.
    • Rencontrer d’autres personnes avec qui vivre des moments de convivialité et mener à bien des projets. Aider nos enfants à développer une vie sociale! Leur permettre des activités non guidées et animées avec leurs copains.
    • Nous appuyer sur nos forces et valeurs personnelles pour participer activement au bon fonctionnement de la société et pourquoi pas, à la création d’un monde meilleur. Découvrir les forces de nos enfants et leur donner l’occasion de les mettre au service de la famille.

Ces apprentissages permettent de vivre de manière plus cohérente avec le Vrai Moi, celui qui existe aujourd’hui, le seul vrai, le seul à partir duquel on peut évoluer, grandir, se développer.

Est-ce une question utile?

Finalement la question « Est-ce que je suis bien moi » est-elle judicieuse et utile? Ne risque-t-elle pas de nous entraîner dans des considérations philosophiques inhibantes? Ne serait-ce pas plus porteur et plus créateur de se demander

« Dans quelles situations suis-je particulièrement bien? Qu’est-ce que je réussis le mieux? De quoi suis-je le plus fier? Quelles sont mes valeurs? Quel est le sens que je veux donner à ma vie?  Comment surmonter mes échecs? »

Développer son vrai SOI, n’est-ce pas commencer par se concentrer sur ce que l’on peut apporter à l’humanité et les actions que l’on peut mener, la manière dont on peut se rendre utile? N’est-ce pas dans l’action que nous découvrons le mieux qui nous sommes, nos points forts et nos faiblesses? N’est-ce pas à la fin de notre vie que nous pourrons, si nous en avons l’occasion, faire le bilan de ce que nous aurons réellement été?

N’attendons pas de nous trouver pour agir, agissons pour nous trouver.

Au sein de l’ASBL Réfl’Actions, nous diffusons les informations objectives et scientifiquement reconnues qui permettent d’alimenter une vision réaliste du potentiel humain. Pour être informé en direct de la parution d’un article, devenez FAN de notre page Facebook.

Une autre manière d’envisager thérapies et développement personnel

Si à un moment donné dans votre recherche vous ressentez le besoin d’être accompagné, prenez la peine de trouver une personne dont les valeurs et les croyances sont en accord avec les vôtres. Méfiez-vous de ceux qui reculent les frontières du possible… au-delà du possible !

Il y a différents courants en psychologie. Dans ce blog et pour les services que nous vous proposons, nous nous inspirons de la psychologie positive scientifique qui vulgarise les résultats de recherches qui, en mettant en évidence la réalité humaine, nous invite à une vision réaliste de l’être humain.

A propos de l'auteur:

Marie-Berthe Ranwet

Régente en mathématique, licenciée en psycho-pédagogie, sophrologue, auteur de « Victimes d’amour : Après tout ce que j’ai fait pour toi », paru chez Mardaga et de « Stop à l'ingratitude des enfants, conjoints, amis... et à la nôtre ". Pour acheter ce dernier, il suffit de verser 18€50 sur le compte de l'ASBL Réfl'Actions BE70 6528 2741 4025 - Bic: HBKA BE22 avec en communication l'adresse complète de livraison. Vous pouvez aussi soutenir ce site en versant la somme de votre choix sur ce même compte.

2 Commentaires

  1. Ghislaine

    Sans prétention et comme une prière, voici j’existe, et je voudrais en profiter

    J’ai des besoins et je les écoute
    Je ressens et je suis en paix
    Je peux être heureuse et c’est bon
    Je suis aimable et c’est moi
    Je suis bonne et cela naturellement
    Je suis moi d’abord et donc la première .
    Et si je me mets à m’estimer:
    je me plaît et je m’accepte telle que je suis
    J’ai beaucoup de talents, je suis affectueuse, intelligente, créative et séduisante.
    J’ai beaucoup à offrir, j’aime le monde et le monde m’aime.
    Je suis maître de ma vie je n’ai pas besoin de faire des efforts pour plaire aux autres; je me plais, c’est l’essentiel.

  2. Bonjour Guilaine,

    Bienvenue Guilaine. Merci pour ce texte très poétique et ce partage… qui nous rappelle combien c’est important de s’estimer soi.
    Personnellement, je suis de plus en plus touchée aussi par le fait qu’être soi, c’est assumer pleinement notre vie d’être humain, et donc d’être social. C’est pour cela que je mets aussi l’accent sur « des moments de convivialité, un besoin vital », dans un autre article sur ce site. https://www.refl-actions.org/convivialite/des-moments-de-convivialite-un-besoin-vital/
    Pas facile de trouver l’équilibre et de ne pas verser d’un excès à l’autre! C’est un travail de tous les jours que nous voulons favoriser à Réfl’Actions.

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