Et si le diagnostic de dépression nous déprimait?

  • Et si le diagnostic de dépression nous déprimait

Et si le diagnostic de la dépression nous déprimait ?

Depuis qu’il est enfant, Armand a toujours voulu apporter le meilleur à ceux qu’il aimait, à commencer par sa maman, dépressive. Il a fait le maximum pour qu’elle soit heureuse, sans toutefois y parvenir. Elle était sous antidépresseurs et attendait patiemment qu’ils fassent de l’effet. Elle suivait aussi une thérapie dans laquelle elle reconstituait son histoire d’enfant non désiré. Prise par sa maladie et ses recherches, elle n’avait pas beaucoup de temps à consacrer à ses enfants. Armand enfant s’est promis qu’il serait un bon papa, attentionné et que lui au moins, il ne déprimerait pas… 

Quand Armand s’est marié, il s’est toujours battu pour apporter le meilleur à sa femme et ses enfants. Il a tout fait pour les rendre heureux. Mais au fil des années, il vit de plus en plus mal leurs revendications sans limites. Quoi qu’il fasse, ils ne semblent jamais heureux.  Tout leur est dû. Tout leur est acquis. Son épouse prend la défense des enfants s’il pose un interdit et elle trouve normal qu’il soit à leur disposition pour les conduire chez les copains, à leurs activités…Elle même avocate se consacre à sa carrière et se repose sur lui pour l’organisation du ménage.

Au travail, Armand a toujours été un employé modèle, perfectionniste, fiable, dévoué…. et il était reconnu comme tel par ses supérieurs qui ne manquaient pas de mettre en avant ses qualités. Son travail valorisant lui donnait de l’énergie pour être un bon père et un mari idéal à la maison.

Depuis le changement de direction, malgré tous ses efforts, Armand ne se sent plus reconnu. Le nouveau chef de service a tendance à abuser de son dévouement. Armand aime faire plaisir et dépanner, il le fait de bon coeur. Mais petit à petit, il se sent fatigué. Jamais un merci, un petit geste d’encouragement, un compliment ou des félicitations… Pas de signe de reconnaissance! Pire encore, son chef a tendance à s’attribuer les bénéfices de ce qu’Armand fait. Ce dernier se sent de plus en plus utilisé.

Armand est fatigué. Il n’a plus de goût à rien. Les larmes lui montent vite aux yeux, ce qui le gêne. Il se cache. Il a de plus souvent des idées noires…. Il se plaint de différents maux et après de nombreux examens qui ne mettent rien de particulier en évidence, le médecin conclut à une dépression.

La nouvelle tombe comme un couperet! Il revoit sa mère. Il a tout fait pour ne pas être atteint de cette maladie. A présent, c’est son tour. Il a un traitement qu’il va devoir suivre scrupuleusement et qui ne fera de l’effet que d’ici quelques semaines. Il est en arrêt de travail. Il reste figé dans son fauteuil. Le médecin l’a rassuré. Les nouvelles générations d’antidépresseurs sont plus efficaces que celles qui ont soigné sa mère. Il lui propose aussi de consulter un psychologue, mais suite à l’expérience de sa mère, il refuse de faire cette démarche. Il n’a pas envie de ressasser le passé. 

La dépression, une maladie qui se propage

On n’a jamais eu autant de déprimés que depuis qu’on soigne la dépression. Est-ce parce qu’avant les personnes déprimées ne savaient pas qu’elles l’étaient? Ou la manière de présenter et de soigner la dépression n’aurait-elle pas plutôt créé la maladie? Vous pourrez lire dans « Quels liens entre la dépression et les anti-dépresseurs? » comment le concept de dépression s’est répandu et comment l’image de cette maladie véhiculée par les médias paralysent, rendent impuissants et… dépriment ceux qui sont diagnostiqués déprimés.

Le diagnostic de la dépression est posé beaucoup trop rapidement et à la légère. Comme vous pourrez le lire dans l’article « Dépression ou ‘impuissance apprise », les mêmes symptômes apparaissent quand une personne comme Armand se trouve confrontée à une suite d’échec ou à une accumulation de manques de reconnaissances. Le diagnostic d’impuissance apprise est plus porteur d’espoir. Ce n’est pas une maladie. C’est un mécanisme qui se met en place plus ou moins rapidement chez tous les humains et qui peut être rapidement compensé par des actions concrètes qui ont un résultat immédiat et par des décisions dans sa vie quotidienne.

La maltraitance familiale peut aussi être à la source de symptômes qui ressemblent à ceux de la dépression. Même sans coups physiques, lorsqu’on est utilisé par une personne qu’on aime sans être réellement reconnu comme une personne ayant des droits, des particularités, des différences, on peut perdre le goût de vivre, le courage d’agir.  on peut tomber dans l’inertie, le non-sens et développer des idées noires. Armand n’est pas physiquement battu mais il est manifestement maltraité psychologiquement par ses proches (voir article « Les hommes battus ou maltraités psychologiquement »). Habitué depuis qu’il est enfant à  faire le maximum pour rendre ses proches heureux, il ne s’est pas rendu compte de la montée progressive de cette violence. Si personne ne lui fait observer que l’attitude de sa femme et de ses enfants est violente, il ne peut pas s’en rendre compte par lui-même.

Quel regard sur nos moments de déprime…

Vous êtes triste, découragé ? Vous traversez un moment de déprime? Vous avez subi plusieurs échecs et déceptions et vous avez plutôt envie de vous isoler ? Cela arrive à tout le monde. Votre tristesse est là comme un signal. C’est la voix de votre GPS intérieur qui vous conseille d’arrêter, de prendre une autre direction ou de faire demi-tour dès que possible!

Nous avons tous des moments difficiles à passer. Des situations qui demandent d’être réévaluées. La tristesse et la fatigue vous font signe. Il est peut-être temps de prendre du recul et de réévaluer votre vie, le sens que vous voulez lui donner, de vérifier que les choix que vous faites sont cohérents avec les valeurs qui sont les vôtres. C’est le moment de faire le point sur vos relations, de voir ce que vous êtes prêt à y investir et à quelles conditions….

Le diagnostic de la dépression fait de ces moments naturels de la vie une pathologie. Ce n’est pas normal de se sentir fatigué, triste, impuissant…. Il faut donc se battre contre cet état, le faire disparaître, avec des médicaments, une thérapie, ou en se noyant dans des activités, du sport, des rencontres…

Voir ces moments comme pathologique nous détourne de nous-mêmes, des vraies questions, des vraies prises de position.

La dépression n’est pas une fatalité

La vraie dépression est une maladie excessivement rare. Les firmes pharmaceutiques ont élargi le concept… pour englober des mal-êtres sains. Ne vous laissez pas piéger par le diagnostic de la dépression.  Ne craigniez pas les premiers signaux de tristesse et de fatigue, écoutez-les… Observez ce qui se passe en vous, vos pensées… et autour de vous, le contexte dans lequel vous vous fatiguez…  et retrouver le bon sens dans votre vie.

Besoin d’aide pour ce travail ? Faisons-le ensemble. Un bilan de deux heures vous donnera des outils pour que vous puissiez par vous-même retrouver qui vous êtes et le sens que vous voulez donner à votre vie.

A propos de l'auteur:

Marie-Berthe Ranwet

Régente en mathématique, licenciée en psycho-pédagogie, sophrologue, auteur de « Victimes d’amour : Après tout ce que j’ai fait pour toi », paru chez Mardaga et de « Stop à l'ingratitude des enfants, conjoints, amis... et à la nôtre ". Pour acheter ce dernier, il suffit de verser 18€50 sur le compte de l'ASBL Réfl'Actions BE70 6528 2741 4025 - Bic: HBKA BE22 avec en communication l'adresse complète de livraison. Vous pouvez aussi soutenir ce site en versant la somme de votre choix sur ce même compte.

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