Je crève de mal

  • Je crève de mal

Je crève de mal!

Solitude, rejet, incompréhension, abus, perte d’un être cher, maladie incurable…. des coups durs qui font terriblement mal! Les fêtes et les anniversaires, par exemple, réveillent des blessures! C’est le moment de faire le bilan! Nous avons tous nos blessures, car il est impossible de traverser la vie sans connaître des souffrances plus ou moins intenses.

Depuis notre naissance, la confrontation à la réalité a souvent été source pour chacun de nous de frustrations, d’angoisses, de stress, de colère, d’incompréhension, de révolte, de découragement, de « dépression », de burn-out, de ruptures, de deuils, de douleurs innommables même parfois ! Certains ont été plus touchés que d’autres. Mais quoi qu’il arrive, tous nous y serons confrontés un jour, quelles que soient les assurances, les précautions, les efforts de préventions!

Deux courants qui s’opposent, deux chemins différents pour s’en sortir

Certains auteurs, thérapeutes, journalistes ou même proches nous invitent à croire qu’en utilisant certaines techniques, nous pourrions avoir tout ce dont nous rêvons… et éviter le malheur! Notre vie, les événements que nous vivons ne sont que le reflet de nos croyances!

« Si j’ai eu ce cancer du sein gauche, c’est parce que mon état d’esprit n’était pas bon. C’est la conséquence d’un manque d’amour et de respect de moi! J’ai voulu trop donner à mes enfants. Le cancer du sein droit concerne les femmes qui donnent trop à leur mari, leurs parents, dans leur travail… » Personnellement, j’ai entendu ces propos dans la bouche d’une dame condamnée par un cancer généralisé et qui continuait à se battre ! C’était une femme extraordinaire, d’une grande générosité pour son mari et ses filles et à qui on a fait croire que cet amour et ce dévouement étaient la cause de sa maladie et sa mort !

Vous pouvez être ou avoir tout ce que vous rêvez?

Sur certains sites de coach de vie et de psys, vous trouvez ce type de propos qui vous donnent l’illusion que vous avez tout pouvoir sur vos pensées, vos émotions et votre vie!

  • Une femme qui a mal au sein peut se demander si elle entretient la peur de perdre ou de voir partir son enfant ou celui qu’elle aime!
  • Une femme qui a les seins qui tombent ne se sent pas à la hauteur comme mère, ne sait pas se faire respecter ou est touchée personnellement par ce qu’ils vivent!

Ces croyances n’amplifient-elles pas les souffrances inhérentes à toute vie humaine? Ne nous empêchent-elles pas d’accepter la vie telle qu’elle est? Ne nous enferment-elles pas dans le refus de ce qui est inacceptable? Dans la culpabilité de créer un monde qui ne coïncide pas avec nos désirs? Ne nous cachent-elles pas le fait qu’il y a des choses sur lesquelles nous n’avons aucun pouvoir?

L’effet de ces croyances largement diffusées et adoptées par la plupart d’entre nous, c’est que dès que nous vivons un moment de blues et de cafard, nous nous interrogeons.  Nous cherchons l’erreur. Qu’est-ce qui ne va pas en moi? Et si nous ne trouvons pas, nous sommes tentés d’accuser nos proches et de remettre en question la qualité de nos relations. Où nous fouillons le passé pour voir l’événement qui aurait pu générer les émotions d’aujourd’hui. Et paradoxalement, plus nous agissons, plus nous nous débattons pour sortir de ce moment de cafard, plus nous nous y enlisons.

Non, vous ne pouvez pas être ou avoir tout ce que vous voulez!

A côté de ces propos, d’autres auteurs, thérapeutes, journalistes, proches… nous invitent à accepter le fait que nous ne pouvons pas tout obtenir ! Notre pouvoir est limité ! Les souffrances sont inévitables. Cependant,  elles ne nous empêchent pas de vivre une vie riche pleine de sens et d’être heureux, malgré les inévitables souffrances et déceptions !

Chaque souffrance s’inscrit dans une histoire de vie ! Nos émotions « travaillent ». Elles produisent des hormones qui suppriment, entretiennent ou renouvellent les connexions neuronales afin que nous puissions mieux nous percevoir dans la réalité telle qu’elle est au présent. Au lieu de directement faire les liens : peurs-phobie-anxiolytiques ou tristesse-dépression-antidépresseurs… nous pouvons accepter ces émotions, leur faire de la place, leur donner un sens et continuer à agir selon nos valeurs, comme la personne que nous rêvons d’être !

Cette manière de Réfl’Agir est portée par le courant de psychologie scientifique positive et des thérapies d’acceptation et d’engagement (ACT) dans lequel je m’inscris.

Je vous livre ici le témoignage plein de sagesse de Thérèse, pensionnée, qui, sans le savoir et sans formation, vit ses moments de blues en « ACT », en acceptant et en s’engageant.

« Parfois, j’ai terriblement mal sans raison apparente: larmes qui coulent toutes seules, boule à l’estomac, poitrine oppressée, insomnie ou fatigue qui persiste malgré le sommeil… C’est la galère! Avant je cherchais à comprendre d’où cela pouvait venir. Tout m’agaçait. J’en voulais à mes parents, à mes ex, à mon conjoint ou à mes enfants. Il fallait que je trouve une raison à ce qui m’arrivait. Aujourd’hui, les années ont passé. Après des années difficiles, j’ai tout pour être heureuse, et j’en suis consciente: un compagnon, des enfants et petits-enfants qui m’aiment et me respectent, une sécurité matérielle, la santé… Mais contrairement à ce que je croyais, ces moments de cafard ne sont pas passés. Je suis reconnaissante de tout ce que la vie me donne et je la remercie matin et soir d’être là! Alors, quand le cafard et le blues s’installent de nouveau en moi, je résiste à la tentation de chercher une bonne raison. Je me rappelle ma grand-mère qui, en me séchant les yeux et en tirant légèrement sur mes lèvres me disait: « Fais une risette, tiens-toi droite et souris. Tu va voir, cela va passer. » en me donnant une petite tape dans le dos pour m’encourager à retourner jouer avec les autres.

Aujourd’hui, j’attends que cela passe. C’est comme avec le temps, je suis confiante qu’un jour, le printemps reviendra. Je me contente d’observer les larmes qui coulent, les idées qui m’effleurent et qui m’invitent à chercher des pourquoi, à faire des reproches… Je les observe et je les laisse passer. Ce ne sont que des interprétations. La réalité est bien plus complexe! Je refuse de me laisser entraîner par elles et d’entamer des discussions ou de prendre des décisions importantes quand je suis dans cet état.. J’accepte le blues et je veille à continuer à faire ce que je dois faire, à respecter mes engagements, même si je dois me forcer, même si cela ne me fait pas plaisir. Je fais le repas pour mes proches, je fais ma permanence bénévole ou je vais à mon cours d’aquagym. Je pose aussi des petits actes concrets avec effets immédiats: réparer le petit truc qui traîne depuis longtemps, trier un tiroir…. Et comme par magie, un beau matin, sans vraiment de raison, je me lève légère. Le soleil, encore timide, fait quelques apparitions et finit par s’imposer.

Et quand je regarde en arrière, je me dis que si j’avais suivi plus tôt les conseils de ma grand-mère au lieu de me laisser influencer par le courant psy et la culture ambiante, ma vie aurait sans doute été plus simple. Je n’aurais pas fait souffrir mes proches en leur faisant porter la responsabilité de mon malaise lorsque je n’étais pas bien ». 

Ensemble développons

  • La sérénité d’accepter les choses que nous ne pouvons pas changer
  • Le courage de changer ce qui peut l’être
  • Et la sagesse d’en connaître la différence

(Inspiré de la prière de la sérénité reprise par les AA)

Pour aller plus loin

Vous cherchez de l’aide? Je vous propose un bilan en face à face ou par mails. Voyez comment cela se passe en consultation ici et par mails ici. Il n’est pas nécessaire de savoir pardonner ni de comprendre tout votre passé pour avancer, comme vous pourrez le lire en suivant les liens qui précèdent.

A propos de l'auteur:

Marie-Berthe Ranwet

Régente en mathématique, licenciée en psycho-pédagogie, psychologue clinicienne, sophrologue, auteur de « Victimes d’amour : Après tout ce que j’ai fait pour toi », paru chez Mardaga et de « Stop à l'ingratitude des enfants, conjoints, amis... et à la nôtre ". Pour acheter ce dernier, il suffit de verser 18€50 sur le compte de l'ASBL Réfl'Actions BE70 6528 2741 4025 - Bic: HBKA BE22 avec en communication l'adresse complète de livraison. Vous pouvez aussi soutenir ce site en versant la somme de votre choix sur ce même compte.

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