Deux regards en psychologie

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Deux regards en psychologie

Il y a plusieurs façons d’étudier la psychologie. Afin de vous permettre de mieux choisir vos influences « psy », nous allons développer brièvement les deux axes autour desquels la psychologie s’est développée. Il s’agit de deux regards différents portés l’un sur le pathologique, l’autre sur la santé psychique.

Les psychologues les plus populaires, à commencer par Freud, ont  approfondi ce qui ne va pas en nous. Ils ont mis l’accent sur ce qui nous fait souffrir, nos lacunes, nos traumatismes. Ils ont développé des techniques thérapeutiques qui sont censées nous permettre de guérir de nos maladies psychiques.

D’autres spécialistes se sont plutôt intéressés à ce qui fait que des personnes vont bien, qu’elles sont heureuses. Ils extraient des « recettes du bonheur » et nous les transmettent pour que nous puissions nous en inspirer.

C’est le regard pathologisant qui a dominé le XXème siècle

La psychiatrie et la psychanalyse ont particulièrement marqué de leurs influences le siècle dernier. Dans leur sillage, nous avons tendance à voir en nous et chez nos proches ce qui est pathologique, ce qui pose problème, ce qui doit être soigné soit en prenant un anxiolytique ou un antidépresseur, soit en fouillant dans le passé et en consultant un psy.

L’évolution du DSM, (le manuel de diagnostic et de statistique des troubles mentaux publié par la société américaine de psychiatrie) montre comment la recherche du pathologique a multiplié le nombre de symptômes et de troubles au fil des années: 60 pathologies dans le DSM1 paru en 52, 145 dans le DSM2 paru en en 68, 292 dans le DSM3 paru en 80 et 410 troubles décrits dans le DSM4 paru en 94. Le DSM5 qui doit sortir en mai prochain introduit de nouveaux troubles. Il est déjà très controversé, accusé de soutenir les intérêts des firmes pharmaceutiques qui élargissent sans cesse les possibilités de prescriptions de leurs produits.

Pour la psychanalyse, tout ce que nous sommes, y compris ce qui est bien en nous est suspect

Par ailleurs, sous l’influence des théories psychanalytiques, nous sommes convaincus que notre personnalité s’explique par des « accidents » survenus dans notre passé. Un des stades n’aurait pas été complètement dépassé, un des problèmes n’aurait pas été résolu. Nos rêves, nos plaisanteries, nos oublis, nos actes manqués, nos motivations…  trouvent leurs origines dans une frustration ou un traumatisme ancien. Nous sommes déterminés par ce que nous avons vécu dans notre plus petite enfance, voire même dans le ventre de notre mère.  Malgré qu’on n’aie jamais su prouver de telles affirmations, et qu’elles ont été souvent contredites, ce regard persiste.

Convaincu de l’impact de notre passé, nous en venons à nous demander quelle blessure se cache derrière tous nos faits et gestes, derrière une trop grande générosité, derrière un acte désintéressé, derrière toute forme d’altruisme… et derrière notre sourire. Même nos forces positives sont finalement interprétées comme pathologiques.

« Pourri jusqu’à l’os »

C’est le dogme du « pourri jusqu’à l’os » (pour reprendre l’expression de Martin Seligman), qui fait à présent partie des croyances populaires les plus tenaces. Nous sommes tous invités par les psychologues, les médias, les animateurs de TV, nos proches même, à fouiller dans notre passé pour y retrouver les pulsions et événements négatifs qui ont construit notre identité. « Ne serait-ce pas parce que tu as dû assumer beaucoup étant enfant et être la mère de ta mère alcoolique que tu es toujours aussi accueillante avec tout le monde? » demande Jeanne à son amie Martine.

Il faut dire que cette vision de l’humain est particulièrement « rentable »! Dès que nous prenons conscience d’un symptôme, nous cherchons à le supprimer: thérapies, traitements, livres… Le fait de lutter contre le renforce le plus souvent. Sous l’effet de la honte et de la culpabilité, mal dans notre peau, nous compensons… Nous consommons!

Le regard positif: humanisme et psychologie scientifique positive

Parallèlement à ces deux grands courants, des chercheurs ont étudié la santé mentale, les personnes qui vont bien. Ils se sont intéressés aux forces, aux possibilités de développement, d’épanouissement.

En 1943, Maslow publie sa théorie sur la motivation et les besoins. En 1954, Carl Rogers crée l’approche centrée sur la personne. Milton Erickson est profondément convaincu que le patient possède en lui les ressources pour surmonter les difficultés qu’il rencontre. Il est considéré comme le père des thérapies brèves. La PNL s’inspire de lui. Un de ses élèves, W.H.O’Hanlon développe les thérapies orientées vers les solutions. Pour Watzlawick, une démarche thérapeutique vise un changement en profondeur vis-à-vis d’un problème actuel.

En 1998, Martin Seligman, président de l’Américan Psychological Association, est à la base d’un nouveau mouvement: la psychologie positive (qui n’a rien à voir avec la pensée positive). Il oeuvre pour que les pratiques des gens qui se sentent heureux soient étudiées, formalisées et mises à la portée de tous. Il structure et vulgarise les résultats des études qui nous inspirent et éveillent le meilleur en nous.

Toutes ces grandes figures du courant humaniste et de psychologie positive nous invitent à d’abord bien comprendre et accepter notre réalité humaine pour pouvoir ensuite nous engager dans des actions porteuses de sens.

Nous pouvons vivre ici et maintenant, plus pleinement et sereinement, la seule vie que nous ayons à vivre: la nôtre.

Évidemment, ce courant est moins porteur économiquement! Si vous portez ce regard sur vous-même et sur les autres, vous n’avez plus besoin de vous documenter et de vous former continuellement. Plus besoin de thérapies… Bien dans votre peau, vous compensez moins, vous restez centré sur vos forces, vos valeurs, vos objectifs… Vous consommez moins! Pas étonnant dès lors que certains psychologues qui se revendiquent intellectuellement de ce courant finissent toutefois par porter leur regard sur le pathologique…

D’où la nécessité de prendre le temps de choisir son psychologue avec soin, sans se fier à la seule appartenance à un courant. Ce qui importe, c’est la motivation profonde des personnes à qui vous vous confiez. Ont-ils besoin de votre mal-être? Ou font-ils partie de ces passionnés de la vie qui veulent vous donner le meilleur?

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A propos de l'auteur:

Marie-Berthe Ranwet

Régente en mathématique, licenciée en psycho-pédagogie, sophrologue, auteur de « Victimes d’amour : Après tout ce que j’ai fait pour toi », paru chez Mardaga et de « Stop à l'ingratitude des enfants, conjoints, amis... et à la nôtre ". Pour acheter ce dernier, il suffit de verser 18€50 sur le compte de l'ASBL Réfl'Actions BE70 6528 2741 4025 - Bic: HBKA BE22 avec en communication l'adresse complète de livraison. Vous pouvez aussi soutenir ce site en versant la somme de votre choix sur ce même compte.

One Commentaire

  1. Michèle

    « Nous pouvons vivre ici et maintenant, plus pleinement et sereinement, la seule vie que nous ayons à vivre: la nôtre. » Voilà des paroles qui nous auraient bien souvent ôté nos sentiments de culpabilité ! C’était peut-être « dangereux « ?

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