Est-ce vraiment une question de manque de confiance en soi?

  • Est-ce vraiment une question de manque de confiance en soi?

Est-ce vraiment une question de manque de confiance en soi?

La confiance en soi serait à l’origine des plus grandes réussites!  Quelqu’un qui réussit tout ce qu’il entreprend a forcément une bonne dose de confiance en soi! C’est du moins ce qu’on nous répète depuis quelques décennies! Mais est-ce tellement vrai?

De la même façon, « Je manque de confiance en moi » est souvent l’explication que l’on donne à son mal-être, à ses blocages et ses échecs…

  • Cette explication est-elle vraiment utile et constructive?
  • Ne nous éloigne-t-elle pas plutôt du problème et des circonstances présentes en nous invitant à entrer dans une démarche de développement personnel?
    • « Je ne suis pas prêt. »
    • « Tant que je n’ai pas résolu mon problème de confiance en moi, ce n’est plus la peine de mettre en place des actions! »
    • « Comme je suis là aujourd’hui, je vais encore échouer! »

Qu’est-ce que la confiance en soi?

Livres, formations et thérapies entretiennent la recherche d’une confiance en soi qui nous rendrait fort, invincible  et heureux! Ils nous font miroiter des sensations inconnues, merveilleuses, désirables.

Voici un exemple pris au hasard sur un site reconnu pour son sérieux. La confiance en soi serait « une libido puissante comme un fleuve qui irrigue la totalité de l’être et permet de s’aimer soi-même… de se relever des épreuves les plus terribles et, même lorsque l’avenir paraît sombre, de garder confiance dans la vie »!

Imaginez que vous n’allez pas trop bien et qu’en cherchant une explication à votre malaise, vous tombiez sur ce genre de propos.

  • Qu’est-ce que cela vous fait de lire cela?
  • En lisant une telle définition de la confiance en soi, pensez-vous en avoir beaucoup?
  • N’avez-vous pas plutôt l’impression d’être « petit », de ne pas être à la hauteur, de rater quelque chose de merveilleux auquel les autres ont accès et pas vous?
  • Ce genre de définition ne pourrait-il pas induire un sentiment d’injustice aussi?

« Pourquoi moi n’ai-je pas la chance d’avoir cette libido en moi, ce fleuve intarissable qui coule à chaque instant? »

Votre cerveau finit toujours par répondre aux questions que vous vous posez…. Vous allez trouver plein de bonnes raisons dans votre histoire d’avoir perdu cette confiance en vous, cette confiance à laquelle selon cette théorie, tout le monde a droit. L’auteur cité plus haut continue dans ce sens:

« Mais bien sûr, cette force souterraine n’est pas le lot commun. Privés dès le départ d’un amour qui nourrit, certains manquent cruellement d’énergie. D’autres ont la nostalgie de leur enthousiasme d’enfant, émoussé par les épreuves et les désillusions de la vie » ou encore « La confiance en soi s’acquiert dans les premiers mois de la vie. C’est l’amour que nous avons reçu qui a fondé l’image que nous avons de nous et qui nous a empli de cette énergie d’amour et de vie… »

Que génèrent ces croyances?

Tout d’abord, en personnalisant de la sorte vos difficultés, vous risquez de sombrer dans ce que Martin Seligman appelle le pessimisme, une manière d’interpréter les déboires de la vie en les personnalisant.

« C’est ce que je suis qui est la cause de ce qui m’arrive de désagréable. Si j’étais autrement, cela ne serait pas arrivé. » pense le pessimiste.

Le pessimisme engendre l’impuissance apprise et la dépression.

Si vous vous nourrissez de théories telles que celle citée plus haut, vous allez rapidement conclure que c’est votre personnalité, votre histoire, vos expériences passées qui font que vous rencontrez les difficultés auxquelles vous êtes confrontés aujourd’hui. Conséquence de ces croyances: vous serez tenté de baisser plus vite les bras face à une contrariété, convaincu que vous n’avez pas en vous les moyens de la surmonter!

Sont-elles fondées?

Or, ces affirmations sont gratuites, non fondées et tout à fait inutiles et stériles au quotidien, voire même toxiques lorsqu’elles immobilisent. Avec de telles idées en tête, il ne reste plus qu’à commencer par vous faire soigner, entamer une psychothérapie, vous inscrire à une formation en développement personnel pour développer l’assertivité de manière générale et définitive en vous! Ce qui, entre nous, risque de prendre du temps, beaucoup de temps… puisque cette démarche s’appuie sur une vision idéalisée de l’homme. L’objectif poursuivi n’étant pas très clair ni précis puisqu’il est plutôt de l’ordre de l’absolu, vous risquez de ne jamais vous sentir prêt… Sachez aussi qu’il est prouvé scientifiquement que revenir sur les traumatismes du passé ne permet pas de surmonter les difficultés présentes, au contraire.

Quel paradoxe!  C’est ceux-là même qui nous invitent à développer la confiance en soi qui la détruisent! Un peu comme si un entrepreneur en construction engageait des pyromanes pour brûler les maisons qu’il propose ensuite de reconstruire!

Et s’il y avait des manières plus utiles de penser vos problèmes et difficultés?

Et si on abandonnait la piste de la confiance en soi pour revenir au point de départ et aborder les choses autrement? Quel était le problème, la situation, les circonstances, les émotions qui vous ont fait douter de vous?

  • Vous avez peur de faire des démarches pour changer de boulot?
  • Vous êtes angoissé à l’idée de parler en public ou d’avoir un entretien avec votre chef?
  • Vous avez peur d’aborder une personne que vous aimez et de lui partager ce que vous ressentez?
  • Ou vous n’osez pas dire « Non » à votre patron, à un proche ou à un de vos enfants?

Changez de paradigme, de manière de voir le monde et la réalité humaine pour analyser vos difficultés! Trouvez des explications plus riches, plus utiles, plus fructueuses, qui vous permettent de reprendre votre vie en main avec ce que vous êtes ici et maintenant! Voici quelques pistes.

  • Nos peurs sont saines et ont souvent une raison d’être que nous pouvons trouver dans l’histoire de l’humanité. Par exemple, la peur du rejet et de l’abandon est inscrite dans nos gènes. Nous sommes des êtres sociaux, et rejetés du clan, nos ancêtres ne survivaient pas! La peur de l’abandon leur permettait de respecter les règles du clan, les conventions… et de faire attention aux besoins des autres.
  • On ne peut pas s’empêcher d’avoir des émotions et des pensées peu confortables! Mais on peut rapidement apprendre à les gérer pour qu’elles ne nous empêchent pas de vivre et d’agir selon nos valeurs et priorités!
  • Quelles que soient nos pensées et nos émotions, nous sommes libres de poser des actes qui incarnent nos valeurs et la personne que nous voulons être.
  • Il n’est pas nécessaire de retourner dans le passé pour avancer.
  • Construisez vous une plus juste idée du normal et du pas normal.

Un simple recadrage du problème induit d’autres émotions!

  • S’il ne s’agit plus d’un problème personnel, mais bien d’un problème universel, rencontré par tous les humains, on se sent déjà mieux!

« Ouf, ce n’est pas moi qui suis fou! D’autres que moi ont la trouille de prendre la parole en public, et ils y parviennent malgré tout! Donc, je peux le faire aussi! Cette difficulté est surmontable! »

  • Une mauvaise interprétation de nos émotions génère d’autres émotions en cascade et nous entraîne dans une spirale où nous perdons nos moyens. Changer simplement l’interprétation et partir d’une plus grande acceptation de soi permet d’éliminer pas mal d’émotions parasites.
  • Apprendre à mieux connaître le « fonctionnement » humain des émotions, leur utilité, leur raison d’être permet d’en faire des alliés et de les transformer en GPS.
  • Avoir un objectif de développement personnel accessible, contextualisé, mesurable, évaluable. Et même si la recherche scientifique nous apporte continuellement de nouvelles informations, même si nous pouvons continuer à approfondir ce sujet toute notre vie, cela ne nous empêche pas de
    • appliquer immédiatement des techniques comme la concentration sur la respiration pour parvenir rapidement à prendre du recul par rapport aux pensées (dé-fusionner),
    • savoir ce qui a de la valeur à nos yeux,
    • nous engager dans des actions qui incarnent nos valeurs,
    • surmonter les contrariétés et de savourer de nombreuses petites victoires.

Une fois de plus nous constatons à quel point le regard que  nous portons sur nous-mêmes et sur les autres est important. Ce sont souvent les interprétations de nos difficultés qui génèrent les émotions les plus douloureuses et qui sont à la source de nos états dépressifs.

Une autre manière d’aborder thérapie et développement personnel

La culture dans laquelle nous baignons impose des dogmes particulièrement dépressogènes! Découvrons-les et osons les remettre en question.

J’avais déjà fait ce même type d’analyse pour la souffrance devant l’ingratitude et le besoin de reconnaissance qui eux aussi sont souvent considérés comme pathologiques, liés à un manque de confiance en soi. Pourquoi ne seraient-ils pas sains finalement? Pourquoi n’auraient-ils pas une utilité dans nos vies? Dans cet article que vous découvrirez en cliquant ici, vous pourrez également lire et découvrir une analyse plus détaillée de nos peurs d’abandon.

Comme vous le constatez, le choix d’un psychologue n’est pas anodin! Certains ont peur de consulter, et on les comprend! Quelle que soit sa spécialisation, il y a des thérapeutes qui entrainent ceux qui consultent loin de leur quotidien! Des vies ont été brisées par des psychologues qui avaient un regard pathologisant!  La peur de consulter un psychologue a tout son sens.

J’ai aussi expliqué les fondements de mon raisonnement dans un autre article où je fais l’historique des deux regards en psychologie en montrant comment ils nous dirigent vers des chemins totalement différents.

Un pas plus loin!

Le savoir change la vie! Notre manière d’aborder les choses contribue à un type de changement! Il vous convient? Participez activement à ces changements! Partagez le lien de cet article par mail avec vos amis et devenez fan de notre page Facebook.

Vous souhaiteriez renforcer votre confiance en vous mais tout seul, vous êtes un peu perdu? Je vous propose de vous aider à faire un bilan pour repartir d’un bon pas! Mon intervention est ponctuelle et ciblée sur vos demandes. Tarifs.

 

A propos de l'auteur:

Marie-Berthe Ranwet

Régente en mathématique, licenciée en psycho-pédagogie, psychologue clinicienne, sophrologue, auteur de « Victimes d’amour : Après tout ce que j’ai fait pour toi », paru chez Mardaga et de « Stop à l'ingratitude des enfants, conjoints, amis... et à la nôtre ". Pour acheter ce dernier, il suffit de verser 18€50 sur le compte de l'ASBL Réfl'Actions BE70 6528 2741 4025 - Bic: HBKA BE22 avec en communication l'adresse complète de livraison. Vous pouvez aussi soutenir ce site en versant la somme de votre choix sur ce même compte.

2 Commentaires

  1. marie

    « Il n’est pas nécessaire de retourner dans le passé pour avancer »
    ???
    En ce qui me concerne, je pense que , si je ne raconte pas la « partie » de mon passé qui me perturbe tant , je n’avancerai pas.
    Le simple fait de raconter ce passé à quelqu’un en qui j’ai confiance et qui va me comprendre , sans juger est important pour moi, c’est comme une « libération de ce qui me ravage  »
    Je pense que cette personne qui comprend, sans juger, est là pour m’aider .
    Dommage qu’il m’ait fallu tant d’années pour rencontrer cette personne.

    ,

    • C’est vrai que c’est important de pouvoir confier ce qu’on a sur le coeur et de pouvoir être reconnu dans ce qu’on a vécu. Par contre, face à une difficulté, une lacune, une incompétence, à quoi bon chercher son origine? Nous sommes tous imparfaits, incomplets, et jusqu’à la fin de nos jours, nous aurons tous des choses à apprendre. Concentrons-nous sur les compétences que nous voulons acquérir… et acceptons de prendre le temps de les apprendre!

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