Comment donner à vos enfants le sens de l’effort?

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Comment donner à vos enfants le sens de l’effort ?

Le jeune enfant a beaucoup d’envies. Il a envie de savoir lire, de pouvoir rouler comme un grand sur son vélo, de pouvoir jouer d’un instrument de musique… Il a envie de toucher à tout, de tout découvrir, de tout essayer. Ses parents, désireux de lui donner le meilleur, se réjouissent de toutes ses envies. Ils lui procurent les moyens de les satisfaire avec d’autant plus d’empressement qu’eux-mêmes n’ont pas été entendus dans leurs désirs.

Malheureusement, les envies des enfants disparaissent le plus souvent comme elles sont venues. Il rêvait de faire du piano, il a eu son piano! Il voulait faire du tennis, il a tout l’équipement et est inscrit dans un club… ! Mais il abandonne rapidement. Motif officiel: il n’a plus envie! En creusant un peu, les parents se rendent compte que c’est dès que l’enfant doit faire un effort pour progresser qu’il laisse tomber les bras. Il n’aime pas, il ne sait pas se tenir à une tâche et entrer dans une démarche d’apprentissage. Les parents qui sont convaincus que  sans un minimum d’efforts et de persévérance, on n’arrive à rien commencent à s’inquiéter. Comment est-ce possible que leur fils ou leur fille touche à tout sans aller au bout des choses? Ah si seulement ils avaient eu des parents comme eux! Eux n’ont pas pu réaliser leurs rêves par manque de moyens et les jeunes à qui on donne tous les moyens n’en font rien de bon! Comment leur donner, si pas le goût, au moins le sens de l’effort!

Désirs et frustrations!

Apprendre de nouvelles compétences, de nouvelles habitudes, de nouvelles connaissances demande des efforts! Plus la démarche d’apprentissage est contraignante pour lui, plus l’enfant devra être motivé pour s’y tenir. S’il est comblé d’attentions, s’il est la vedette ou l’enfant roi de la famille, si tout lui est permis, que pourrait-il obtenir de plus? Pour quoi et pour qui ferait-il des efforts?

Lorsqu’un enfant est continuellement félicité et complimenté pour sa jolie frimousse, ses mimiques, ses manœuvres de séduction…, lorsqu’il est comblé et qu’il peut faire tout ce qu’il veut comme il veut quand il veut, lorsque ses moindres désirs sont satisfaits de manière automatique… rien ne le pousse à devenir grand. D’autant plus si les parents ne semblent pas heureux dans leur vie! Pourquoi aurait-il envie de devenir adulte, d’entrer dans leur univers alors qu’ils se plaignent tout le temps?

Pour que l’envie d’apprendre se transforme en volonté, il faut sentir un manque! Se sentir petit, pas à la hauteur!  Percevoir les bénéfices qu’on pourrait obtenir en développant telle ou telle compétence qui donne accès au monde des « grands »! C’est quand le petit enfant se rend compte qu’il est dépendant de ses parents, qu’il est alors prêt à faire des efforts pour les satisfaire, pour leur faire plaisir! Quelle fierté quand ses parents l’admirent et sont fiers de ses actions!

Motivation extrinsèque

La motivation de nos enfants, comme celle des adultes, dépend au départ d’éléments externes: acquérir des choses, de la reconnaissance, des droits… ou éviter des punitions, des privations, des frustrations… Cette motivation est dite extrinsèque. Sans elle, aurions-nous le courage de nous dépasser pour acquérir de nouveaux savoirs et de nouvelles compétences? N’est-ce pas toujours pour nous aujourd’hui la perspective de ce qui nous attend de positif ou de négatif qui est le principal moteur de nos actions?

Les pièges de l’amour inconditionnel

Pour que ce type de motivation puisse exister, il faut évidemment que des choses externes soient suffisamment enviables ou au contraire suffisamment peu enviables. Chez les enfants trop gâtés, les perspectives d’une récompense ou d’une punition ne sont pas suffisantes. De toutes façons, ils finiront par obtenir ce qui a été promis sans efforts et les éventuelles menaces de punitions ne seront pas mises à exécution. L’enfant a développé bien d’autres moyens d’obtenir satisfaction et d’éviter les frustrations que de faire des efforts. Il est devenu maître dans l’art de la manipulation, du chantage affectif, de se faire passer pour une victime ou de diviser les adultes dont il dépend pour mieux imposer la loi de ses envies…

La frustration est un moteur

Il n’en est pas de même chez les enfants qui ne reçoivent pas tout, chez ceux qui sont parfois laissés seuls à leurs occupations. S’ils ont envie de quelque chose, ils vont devoir se battre pour l’obtenir. Ils ont appris que personne ne fait les choses à leur place! Ce qu’ils ne font pas ne sera pas fait! Ce qu’ils veulent, y compris dans une certaine mesure la reconnaissance des parents, ils doivent l’obtenir par leurs efforts.

Ces enfants sont heureux de faire plaisir à leurs proches et de contribuer activement et positivement à la vie familiale. Ce sont moins les cadeaux ou l’argent que le sourire et la fierté de ceux qu’ils aiment qui les motivent à persister dans un apprentissage qui demande persévérance et dépassement de soi. De nouvelles permissions ou un moment privilégié avec le parent qui raconte une histoire ou s’intéresse à un jeu sont de belles récompenses. Elles incitent à partager les charges pour rendre le parent plus disponible.

Motivation intrinsèque

Les enfants sont capables de faire d’énormes progrès pour faire plaisir à leurs parents ou pour obtenir de nouveaux droits et éviter des privations. C’est seulement dès qu’ils acquièrent une certaine maîtrise que l’activité elle-même devient satisfaisante en soi: ils aiment alors ranger pour le plaisir de ranger, étudier pour le plaisir d’étudier… Plus ils pratiquent l’activité, plus ils se sentent efficaces, plus ils s’y engagent et plus ils y consacrent du temps par choix personnel! La motivation devient intrinsèque. C’est seulement à ce moment que l’enfant est capable de la faire pour lui. Mais il a fallu au départ que les parents soutiennent et encouragent les efforts!

Deux erreurs courantes

En voulant trop bien faire, certains parents encouragent l’enfant à privilégier le principe de plaisir immédiat au principe de réalité: on n’a rien sans efforts! Deux erreurs courantes: encourager l’enfant à travailler pour lui et le protéger de toutes les frustrations.

  • Ils font de longs discours pour motiver leurs enfants à étudier pour eux, pour leur avenir. Ils veulent que cela viennent de l’enfant. Comme vous l’avez compris, c’est donc une erreur! C’est difficile de grandir. L’enfant accepte plus facilement de faire les efforts qui lui sont demandés s’il sait qu’il a le pouvoir de faire plaisir à ses parents ou simplement s’il comprend qu’il n’a pas le choix. N’avez-vous pas vous aussi parfois plus facile de vous dépasser lorsque vous le faites par amour pour quelqu’un d’autre? N’y a-t-il pas plein de choses que vous ne faites pas si ce n’est que pour vous que vous les faites?
  • Les parents qui regrettent de ne pas avoir pu réaliser leurs désirs d’enfant oublient que si ils sont là où ils sont aujourd’hui, c’est aussi grâce aux frustrations subies. C’est quand l’enfant est régulièrement frustré d’être trop petit, de ne pas encore être à la hauteur ou de ne pas avoir accès à tout ce qu’il a envie qu’il fait les efforts nécessaires pour devenir grand et pour acquérir les compétences qui lui manquent! Il se met alors à imiter papa, maman, le grand frère, le cousin ou les personnes que ses parents admirent et il est prêt à se dépasser pour progresser et devenir comme eux.

Efforts pour transmettre le sens de l’effort

Le sens de l’effort n’est pas inné. Il s’acquiert dans l’éducation. Tout être humain en a besoin pour dépasser les inévitables contrariétés et épreuves de la vie. Donner le sens de l’effort à nos enfants n’est pas facile. Cela demande beaucoup d’efforts aux parents, des répétitions, un suivi des demandes, l’instauration de rituels… Le partage des charges au quotidien, la confrontation à la « vraie vie », par exemple en faisant un petit jardin… sont autant d’occasions d’expérimenter la fierté et le plaisir lorsqu’on se dépasse pour atteindre l’objectif fixé!

Non, ce n’est pas facile! Cela demande aussi beaucoup d’efforts pour les parents, mais quel cadeau pour leurs enfants, quel atout pour leur avenir!

Quelques liens pour approfondir

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A propos de l'auteur:

Marie-Berthe Ranwet

Régente en mathématique, licenciée en psycho-pédagogie, psychologue clinicienne, sophrologue, auteur de « Victimes d’amour : Après tout ce que j’ai fait pour toi », paru chez Mardaga et de « Stop à l'ingratitude des enfants, conjoints, amis... et à la nôtre ". Pour acheter ce dernier, il suffit de verser 18€50 sur le compte de l'ASBL Réfl'Actions BE70 6528 2741 4025 - Bic: HBKA BE22 avec en communication l'adresse complète de livraison. Vous pouvez aussi soutenir ce site en versant la somme de votre choix sur ce même compte.

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