Ne pas avoir envie, est-ce une bonne excuse?

  • Ne pas avoir envie, est-ce une bonne excuse?

Envie ou pas envie ? Est-ce une bonne excuse?

Encouragés par les médias et la psychologisation des mentalités, de plus en plus d’adultes semblent prendre leurs décisions sur le mode « J’ai envie – je n’ai pas envie ». Je n’ai pas envie ! Pas envie d’étudier, pas envie de faire l’amour, pas envie de te parler, pas envie d’aller promener le chien ni de sortir les poubelles… Et donc, je ne le fais pas!

Johan : « Parfois, je n’ai même envie de rien… alors, je m’affale dans le divan, et je zappe. Il y a toujours bien quelque chose qui finit par m’accrocher»
« Moi, quand je n’ai envie de rien, je chipote sur internet, je passe d’un site à l’autre dans l’espoir de trouver quelque chose qui me fasse vibrer » continue Geneviève
« Moi, je mange » dit Julie « et mon copain, quand il ne sait pas à quoi se mettre, il joue en ligne ».
« Je ne me suis jamais posé la question de savoir si j’avais envie ou pas. Il y avait des choses à faire, des engagements à tenir… et pour moi, c’était cela l’essentiel. Mon père nous a éduqués dans la fierté du devoir accompli… Et des devoirs, il y en avait: une maison en ordre, bien entretenue, des repas équilibrés, sans oublier le « devoir conjugal »…et franchement, je ne regrette rien. Je recommencerais! » Les devoirs peuvent aussi donner beaucoup de plaisir lorsqu’on ne remet pas en question le fait de devoir les faire. Au lieu d’attendre d’avoir envie, je les planifie, je les organise de telle sorte qu’ils soient agréables à faire, raconte Mariette, 79 ans.

N’y a-t-il pas d’autres moteurs que l’envie?

Quels sont les moteurs de vos actions ? Qu’est-ce qui fait que vous êtes où vous êtes aujourd’hui ? Qu’est-ce qui a été à l’origine de vos meilleurs moments dans la vie, de ceux dont vous êtes le plus fiers ? Est-ce le fait d’avoir suivi vos envies ? N’agissez-vous que par envie?

Prenons un exemple simple: le brossage des dents ! En général, les enfants n’aiment pas se laver. Pendant des années, il va falloir leur rappeler de passer à la salle de bain et vérifier qu’ils n’ont pas oublié de se brosser les dents. Et puis un jour, comme par miracle, il n’y a plus besoin de le leur rappeler. Que s’est-t-il passé ? Pourquoi tout à coup l’ado se brosse-t-il les dents sans se demander s’il en a envie ou pas ? « Il a l’amour en tête » constatent les parents ! Sans doute. Ce qui est certain, c’est qu’il sait pourquoi il le fait : avoir une bouche fraîche et ne pas faire fuir les copains et copines. Il sait aussi sa gêne lorsqu’il doit ouvrir la bouche s’il ne s’est pas brossé les dents…

Lorsque nous avons un objectif, une vision claire de la personne que nous voulons être et de ce que nous voulons vivre ou éviter, lorsqu’à partir de nos réussites et de nos erreurs, nous nous forgeons une ligne de conduite, avec des obligations et des interdits, nous ne nous fions plus à nos envies spontanées pour décider de nos actions. Nous agissons par choix et souvent, l’envie vient en agissant, de la même manière que l’appétit vient en mangeant.

Amélie rêve de devenir pédiatre. Elle a 17 ans. Elle étudie bien à l’école ! « Le plus dur, c’est de m’y mettre, surtout quand il fait beau. « Mais il suffit que je me voie en train de soigner des enfants dans mon cabinet pour que j’aie la force de commencer à travailler. Je choisis une matière plus facile pour débuter et puis, une fois que je suis lancée, plus de problème, j’ai envie de continuer, et je m’attaque aux matières qui me plaisent moins. »

Françoise a une vision idéale de son couple. Son rêve: construire un foyer, un lieu où chacun puisse se sentir en sécurité et comblé affectivement. Elle est consciente de tout ce que François, son mari, lui apporte depuis 25 ans. « Je remercie la vie tous les jours pour notre rencontre. J’aime mon mari, je me sens aimée de lui. Nous continuons à être attentifs l’un à l’autre et à nous faire plaisir. Par exemple, je sais à quel point les relations intimes sont importantes pour lui et je veille à assurer un certain rythme dans ce domaine. J’organise mon temps pour dégager des moments où je me prépare psychologiquement et physiquement. Je prends un bain parfumé, je me rappelle des bons moments passés ensemble, j’imagine ce qui pourrait me faire plaisir, je lis quelques extraits d’un roman érotique… Je n’attends pas que l’envie me tombe toute cuite du ciel, je la fais naître, je la cultive, je l’entretiens… » François, son mari, est dans la même énergie. « Au début de notre vie commune, je ne faisais pas de charge ménagère. Je n’y avais pas été habitué. Et puis un jour, j’ai compris que Françoise se sentait plus aimée à travers les petits services que je lui rendais qu’à travers les cadeaux ou les petits mots doux. Maintenant, quand je sors les poubelles ou que j’aspire, je sais que c’est une manière de lui dire « je t’aime » et à quel point je tiens à elle. Et vous savez quoi ? A force de le faire, j’y prends goût. Je suis fier de moi. »

La motivation de Françoise et de François : leur vision du couple, leur objectif de se faire plaisir, de s’offrir des marques d’amour.

Avez-vous envie d’avoir envie?

Un minimum de réflexion sur notre vie – d’où nous venons, où nous allons – fait germer et mûrir des envies fortes, bien ancrées dans trois dimensions importantes de notre vie: la satisfaction de nos besoins, la poursuite de nos idéaux, la réalité qui est la nôtre avec les normes sociales et la ligne de conduite que nous nous fixons au jour le jour.

Une conscience claire de nos erreurs et de nos réussites passées nous permet de ressentir à la fois ce que nous voulons éviter et les moments que nous aimerions revivre.

Se projeter dans l’avenir, voir évoluer la personne que nous sommes, imaginer le type d’homme, de femme, de compagnon, de parent que nous voulons être crée l’envie de dépasser nos limites pour atteindre nos idéaux. Plus fort qu’un « J’ai envie », c’est un « je veux, je peux » qui émerge, un moteur qui s’allume : nous sommes motivés !

Nous voulons une relation amoureuse qui dure dans le temps ? Entretenons notre sentiment de gratitude en restant conscient de la chance que nous avons de nous être rencontrés. Continuons de voir les qualités de notre conjoint. Rappelons-nous tous les bons moments passés ensemble ! Imaginons ce qui arriverait s’il (elle) nous quittait… En guidant nos pensées de la sorte, nous restons attentifs et prévenants, nous le traiterons tout naturellement comme une personne importante pour nous. Par contre, si nous trouvons normal qu’il – ou elle – soit toujours là à nos côtés, si nous considérons notre relation comme acquise, nous serons vite distraits par d’autres occupations. Nous serons plus motivés par la perspective de regarder une série à la télévision ou d’entretenir nos « amitiés » sur Facebook que par celle d’une soirée à deux.

La motivation est le moteur de nos actions. Sans elle, nous resterions au lit toute la journée. C’est elle qui nous permet de dépasser nos limites, d’assumer nos échecs et de nous remettre sans cesse en route pour atteindre les buts que nous nous fixons !

Pour approfondir, voici quelques liens

 

 

A propos de l'auteur:

Marie-Berthe Ranwet

Régente en mathématique, licenciée en psycho-pédagogie, psychologue clinicienne, sophrologue, auteur de « Victimes d’amour : Après tout ce que j’ai fait pour toi », paru chez Mardaga et de « Stop à l'ingratitude des enfants, conjoints, amis... et à la nôtre ". Pour acheter ce dernier, il suffit de verser 18€50 sur le compte de l'ASBL Réfl'Actions BE70 6528 2741 4025 - Bic: HBKA BE22 avec en communication l'adresse complète de livraison. Vous pouvez aussi soutenir ce site en versant la somme de votre choix sur ce même compte.

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