Comment un simple regard agit-il sur l’estime de soi?

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Comment un simple regard agit-il sur l’estime de soi?

Imaginez deux experts en bâtiment qui préparent une négociation, l’un représente le vendeur, l’autre l’acheteur. Croyez-vous qu’ils vont porter leur regard sur la même chose lorsqu’ils visiteront la maison à vendre ?  Non, bien sûr ! Le premier  s’attarde sur tout ce qui fait  le charme de la maison, son potentiel, le second ne relève que les défauts, ce qui doit être rénové. C’est la même maison, la même réalité, mais ils la voient tout à fait différemment.

Quel regard portez-vous sur vous le matin devant votre miroir? Avez-vous déjà remarqué à quel point ce regard du matin influence votre humeur de la journée ? A l’affût des petits défauts à cacher, à corriger ou à compenser, vous vous enlisez dans une humeur maussade… L’estime de soi en prend un coup.  Par contre, lorsque votre regard s’attarde sur vos réussites, vos victoires, petites ou grandes, vous débordez d’énergie et vous êtes prêt à tout affronter.

L’estime de soi ne dépend-elle pas finalement du regard que l’on porte sur soi, des mots que l’on utilise pour décrire le vécu intérieur?

Pour le vérifier, je vous propose, avant de continuer votre lecture, de prendre quelques minutes pour noter la réponse à ces deux questions.

  • Habituellement, cherchez-vous ce qu’il y a à  changer, à améliorer en vous ou êtes-vous conscients de vos forces, de vos qualités et de vos dons?
  • A quelle valeur entre 1 et 10 évaluez-vous votre estime de vous en cette minute ?

Un regard axé sur le pathologique

La vulgarisation de la psychologie au XXè siècle nous a surtout tous incités à poser un regard suspicieux sur nous-mêmes et sur nos proches. Comme nous en avons déjà parlé dans l’article « Deux regards… », le DSM4, l’ouvrage de référence dans le domaine de la santé mentale n’est qu’une très longue suite de troubles et de symptômes de mal-être dont le vocabulaire envahit de plus en plus les médias… N’entendez-vous pas de plus en plus souvent des termes tels que schizophrénie, personnalité perverse, paranoïaque, maniaque, psychorigide, narcissique ou bipolaire, double personnalité, personnalité multiple, borderline… ?

Que de mots pour parler de vos maux, de vos différences! Est-ce si anodin ? C’est vrai que le plus souvent, c’est sur le ton de l’humour et de la légèreté qu’ils sont prononcés… mais ne  finissent-ils cependant pas par tous nous baigner dans une ambiance singulière, nous renvoyant à nos imperfections, à notre peur de l’exclusion, de la stigmatisation ?

Finalement, ne sommes-nous pas tous des malades?

Le doute s’infiltre ! Ne vous demandez-vous jamais: « Suis-je normal? Que perçoivent les autres de moi? »  Dès que vous fixez votre attention sur ce qui pourrait être pathologique, dès que vous vous efforcez de le cacher ou de le faire disparaître, que se passe-t-il? La plupart du temps, le « défaut » s’amplifie et vous entraîne dans un engrenage: tout faire pour se conformer à tout prix à la « norme » qui apparaît en filigrane derrière ces pathologies! Ne passez-vous pas alors plus de temps à ne pas être ceci ou cela qu’à être simplement ce que vous êtes?

Vous cherchez à ne pas être angoissé, déprimé, trop ou pas assez investi dans le travail, les loisirs, le sexe, le jeu, ne pas être schizo, ni parano, ni pervers, ni… Mais plus vous vous y efforcez, plus vous vous sentez déprimés, angoissés, impuissants! Plus vous vous trouvez moches! Plus l’estime de vous en prend un coup… et donc la confiance en vous… Tous les domaines de votre vie sont touchés. Pourquoi ?

Parce que dans ces moments de doute, votre attention et votre énergie désinvestissent le monde extérieur au profit de l’auto-observation, de l’auto-analyse: « Comment aurais-je pu être, agir, m’exprimer… autrement? Est-ce normal ce que je vis? N’y a-t-il pas en moi quelque chose qui ne va pas? Ne devrais-je pas entreprendre un travail sur moi, consulter et me faire soigner? » Vous doutez de vous et vous devenez  incapable de trouver les solutions concrètes aux vrais problèmes qui se posent continuellement à vous dans votre quotidien. Combien de situations présentes ne laissez-vous pas pourrir en fuyant dans la recherche d’explications et en vous recroquevillant sur votre nombril?

Une histoire vécue

Anne est en thérapie depuis quelques années. Elle travaille sur ses peurs et ses frustrations passées, et elle en vient souvent à la conclusion qu’il y a un blocage qui l’empêche d’être heureuse. Pour elle, ses peurs sont pathologiques et l’empêchent de vivre pleinement sa vie, et plus particulièrement de ressentir plus d’amour pour son ami Luc. « Pourquoi ai-je si peur de m’engager avec lui? Est-ce que je ne me donne pas le droit au bonheur? » se demande-t-elle. Trop habituée à interpréter ses peurs comme un trouble hérité de son enfance, elle ne se demande pas : « Y a-t-il des raisons pour lesquelles je pourrais avoir peur ? Ma peur me dit-elle quelque chose sur ma vie aujourd’hui ? »

Au début de leur relation, Luc était très romantique et lui envoyait des SMS enflammés. Jamais Anne n’avait reçu autant de mots d’amour. Ces messages ont rapidement été remplacés par des remarques. Mais Anne, qui fait un travail sur elle-même, les accepte. Elle est convaincue que ces remarques la font grandir. « Il m’aide à avancer! Il m’aide à me rendre compte que je ne suis pas vraiment moi-même, que je ne me connais pas, que je ne m’aime pas », répète Anne à son amie.

Cette dernière, très pragmatique, s’en tient aux faits. « Je trouve que Luc ne s’investit pas dans ta vie, il ne fait rien avec toi, ni pour toi, sous le prétexte que tu ne fais pas les bons choix, que tes goûts ne sont pas vraiment les tiens. Mais de quel droit peut-il te dire cela? Et puis, regarde-le! Il est dépensier et instable, il ne sait pas garder un travail. Et tu as vu comme il parle à sa mère? Un vrai enfant-tyran, un vrai gamin. Il est toujours en train de jouer sur Facebook! Il ne fait rien à la maison! Il ne partage pas les charges. Pas de permis. Toujours à dépendre de quelqu’un pour le conduire… Et tu le trouves sage toi? Tu l’as déjà entendu dire merci? Ou s’excuser?… »

Ces faits, Anne ne les voit pas, elle cherche des excuses… Trop préoccupée à guérir de ce qui est pathologique en elle et à surmonter ses peurs, elle refuse l’évidence: Luc ne l’aime pas elle, comme elle est, ici et maintenant. Il la fait entrer dans son univers à lui et la soumet tout doucement à ses valeurs, à sa vision de la vie, à la satisfaction de ses besoins à lui.

Tous invités à consulter?

Notre culture est pathologisante et l’économie basée sur la consommation s’enrichit de nos « névroses ». Confrontés à ces questions sur le pathologique et la normalité, nous découvrons un vaste choix de produits et de services sensés nous « soigner » et nous « guérir ». Des théories de plus en plus nombreuses et complexes nous invitent à une recherche sans fin, dans la consommation de formations, de livres, de consultations, de voyages initiatiques mais aussi d’objets de décorations ou de produits les plus divers… N’avez-vous pas constaté une explosion dans ce domaine les dernières années?

Toutes les disciplines deviennent des outils thérapeutiques: art-thérapie, musicothérapie, massothérapie, chromothérapie, thérapie par le chant, hypothérapie… Si vous vous adonnez à une de ces activités, à votre avis, sur quoi allez-vous portez votre attention ? Sur le plaisir d’être massé, de chanter ? Ou sur les tensions et les émotions qui peuvent émerger ?

« Alors que ma massothérapeute me massait l’épaule, raconte Anne, j’ai suivi mon envie de tenir son bras et tout-à-coup, je me suis sentie comme un enfant qui retenait sa mère et je suis rentrée dans cette émotion. J’ai ressenti une profonde détresse comme si elle m’abandonnait! Aurais-je été abandonnée par ma mère étant enfant? N’est-ce pas cette peur de l’abandon qui me rend dépendante et exigeante… » Et c’est parti pour un chemin intérieur parsemé d’embûches et de pièges, loin des faits qu’Anne continue de nier, loin des émotions qu’elle refuse de sentir.

 Quand une activité est pratiquée en tant que thérapie,  chaque ressenti révèle  une anomalie, un traumatisme, une frustration ancienne à travailler pour vous en libérer… N’est-il pas plus sain sur le plan de l’estime de soi de focaliser votre attention sur tout ce qui est positif en vous et dans l’humain ?

Un regard positif

Comme nous l’avons déjà écrit, il y a d’autres regards qui mettent en évidence les ressources de l’humain et les incroyables pouvoir d’autoréparation et d’évolution du cerveau: votre psychisme est capable de vous tracer le meilleur chemin si vous regardez où vous allez.

Cet autre regard change votre vie. Je vous propose la suite de l’exercice que vous avez fait.

Prenez quelques minutes pour porter votre attention sur toutes vos victoires, tous vos petits progrès, tous les bénéfices immédiats d’actes que vous avez posés. Souvenez-vous de l’énergie ressentie après un coup de fil à un ami, une sortie, une visite ou l’écoute d’une musique particulière…  Rappelez-vous toutes les raisons que vous avez eues d’être fier de vous depuis votre enfance. Entendez-vous les paroles réconfortantes et encourageantes que l’on vous a dites? Au fur et à mesure de cet exercice, sentez-vous votre respiration qui s’approfondit quand vous vivez un bon moment ?

Vous avez fait l’exercice? A quel niveau entre 1 et 10 évaluez-vous l’estime de vous en cette minute ? Comparez votre note avec celle du début de l’article… Y a-t-il une différence ? Qu’est-ce que vous apprenez sur vous-même?

Votre regard change votre humeur, vos pensées, vos émotions… et l’estime de vous à l’instant présent

Imaginez quels changements se produiraient dans votre vie si vous changiez simplement votre regard. Alors, si vous décidiez de prendre  les choses comme elles viennent? Si vous vous contentiez d’observer les faits sans les juger, sans partir dans des explications et des pensées qui enferment la réalité et la réduisent…

N’est-il pas temps de retrouver un peu d’humilité ? D’accepter de ne pas pouvoir tout contrôler ? De retrouver la foi dans le fait que beaucoup de choses se construisent à notre insu, à tout  moment… et qu’elles se construisent bien, surtout si nous savons où nous allons !

Et si vous êtes convaincu de la puissance d’un regard, n’est-il pas capital de choisir soigneusement les personnes avec qui vous voulez passer du temps ou à qui vous vous confiez, les auteurs que vous lisez, les émissions que vous suivez? Quels regards portent-elles sur vous, sur la vie, sur l’humain?

Emerveillez-vous et retrouvez l’estime de vous-même et la confiance dans la vie! Plutôt que de mettre sans cesse l’accent sur les faiblesses à corriger, cherchez à exprimer vos valeurs et vos forces dans tous les domaines de votre vie!

Un pas plus loin!

Envie d’une aide personnalisée, ponctuelle? Je vous propose le temps d’une seule rencontre, de faire un bilan de votre situation actuelle et de le recadrer dans votre vie. Découvrez vos forces et vos valeurs et trouvez les mots justes qui renforcent votre estime de vous. Tarifs.

L’ASBL Réfl’Actions a pour but de diffuser largement une culture positive, qui met l’accent sur les forces de l’humain. Aidez-nous à faire émerger cette nouvelle culture en partageant cet article  sur vos réseaux sociaux ou en envoyant le lien par mail à vos contacts.  Vous participez de la sorte activement à ces changements!     Il suffit parfois de peu! Le savoir change la vie!

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A propos de l'auteur:

Marie-Berthe Ranwet

Régente en mathématique, licenciée en psycho-pédagogie, sophrologue, auteur de « Victimes d’amour : Après tout ce que j’ai fait pour toi », paru chez Mardaga et de « Stop à l'ingratitude des enfants, conjoints, amis... et à la nôtre ". Pour acheter ce dernier, il suffit de verser 18€50 sur le compte de l'ASBL Réfl'Actions BE70 6528 2741 4025 - Bic: HBKA BE22 avec en communication l'adresse complète de livraison. Vous pouvez aussi soutenir ce site en versant la somme de votre choix sur ce même compte.

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