Entre introverti et extraverti, un dialogue de sourds

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Entre introverti et extraverti, un dialogue de sourds !

« Je ne sais jamais ce qu’il pense, il ne communique pas, il ne s’intéresse pas à ce que je vis. On dirait qu’il n’a pas d’émotions. Je n’arrive pas à savoir ce qu’il vit. Il ne réagit pas quand je lui parle, même si je l’attaque. Cela me met hors de moi. Je deviens de plus en plus violente avec lui. C’est plus fort que moi », explique Valérie. « Elle est toujours partie avec des copines et elle passe des heures au téléphone.  Et pour moi, elle n’a jamais le temps. Elle est imprévisible. Elle agit sur des coups de tête, sans réfléchir aux conséquences et à ce qu’elle va m’imposer » » continue Pierre.

Valérie et Pierre n’ont pas la même manière de recharger leurs batteries et ils ne dépensent pas leur énergie de la même manière. Valérie se tourne vers le monde extérieur: les choses, les événements et d’autres personnes. Active et dynamique, elle crée facilement le contact. Elle est extravertie. Pierre s’isole et se plonge dans ses pensées et ses réflexions. Il est introverti.

Pierre réfléchit avant de s’exprimer ou avant d’agir. Calme, il parle peu et revient rarement sur ce qu’il a dit, puisqu’il l’a mûrement réfléchi. Il est plus réservé et il préfère les réunions en petits comités. Il a peu de copains mais deux très grands amis de longue date.

Valérie réfléchit tout haut. Il lui arrive de noyer ses proches dans un flot d’informations plus ou moins pertinentes et souvent contradictoires… Son message est tellement perdu au milieu de tas de choses sans importance qu’il passe souvent complètement inaperçu.  Elle ne se sent pas toujours entendue. « On attend que cela passe, qu’elle ait finit de parler, et puis on continue ce qu’on était en train de faire » dit Jérôme en parlant de sa mère qui n’arrête pas de répéter les règles que personne n’observe.

Extravertie, Valérie multiplie ses relations plus qu’elle ne les approfondit. Sociable, elle est à l’aise dans un grand groupe et interagit avec tout le monde. Elle peut passer d’une conversation à l’autre, lâchant son interlocuteur pour rebondir sur ce qui se passe ailleurs. Quand elle sort avec Pierre, il a l’impression qu’elle ne fait pas attention à lui. Mais bien d’autres convives pourraient en dire autant, vu qu’elle n’attend pas toujours une réponse aux questions qu’elle pose.

Introverti, Pierre préfère privilégier  et entretenir quelques relations. Il se concentre sur une ou deux personnes à la fois. Il se retrouve souvent à discuter seul pendant des heures avec un autre convive, au bar ou dans un coin plus reculé. Il apprécie les moments de solitude quand il fume sa cigarette dehors.

Leurs problèmes de communication

Pierre parle de moins en moins à Valérie. Il  n’a plus envie de lui raconter sa journée ou de lui demander un avis. Quand il le fait, il se sent pris en otage. Elle parle et elle ne le lâche plus. Elle part dans tous les sens, il a du mal de la suivre et s’épuise très vite. Quand elle lui pose une question, il n’a même pas le temps de répondre qu’elle a fait la réponse à sa place. Et elle continue de plus belle un monologue qui n’en finit pas.  Quand il lui pose une question, il n’attend qu’une chose : une réponse claire, nette, et définitive… qu’il n’obtient pas.

Quand on lui pose une question, il réfléchit et formule une réponse concise et précise. Mais là aussi, cela pose des problèmes. Avec Valérie, il n’a pas eu le temps de réfléchir à la question qui lui a été posée qu’elle lui reproche déjà de ne pas lui répondre et de ne jamais l’écouter quand elle parle.  Elle s’énerve. « Tu m’entends, je te pose une question ? Tu ne t’intéresses pas à ce que je dis ? Tu te moques de moi ? Pourquoi tu ne me réponds pas. Réponds-moi quand je te parle… » ce qui bloque complètement Pierre qui n’arrive plus à se concentrer… et qui ne parvient donc pas à trouver une réponse à la question qui lui a été posée et à toutes celles qui ont suivi.

Valérie s’inquiète souvent pour Pierre. Elle trouve qu’il ne va pas bien. Elle se demande s’il n’est pas phobique social et s’il ne devrait pas consulter. Elle trouve que ce n’est pas normal de longer les murs comme il le fait quand ils sont en société. Elle s’imagine qu’il est malheureux de ne pas pouvoir trouver sa place, de ne pas oser s’exprimer et se rester dans son coin. Alors, elle le pousse à consulter. Elle lui conseille de s’exprimer, de communiquer. Elle cherche dans l’éducation qu’il a reçue ce qui a bien pu le rendre ainsi. Quand il rentre fatigué du travail, elle ne comprend pas qu’il s’isole. Elle lui conseille de se distraire, de rencontrer du monde. C’est ce qu’elle fait, elle, quand elle ne va pas bien. Pierre se sent assailli, envahi, agressé. Il ne sait plus se retrouver et récupérer son énergie. Il s’enfonce petit à petit. Et plus il s’enfonce, plus Valérie intervient.

Quand Pierre voit que Valérie ne va pas bien, quand il la sent fatiguée ou qu’il sait qu’elle a eu une longue journée, il la laisse seule. Il ne lui adresse pas la parole. Il ne lui demande rien. Il se rend présent autrement. Il prépare le souper, met la table ou s’occupe des enfants pour que ces derniers la laissent tranquille.  Valérie lui reproche alors d’être complètement indifférent à ce qu’elle vit, de ne pas s’intéresser à elle. « Il est complètement indifférent » confie-t-elle à son amie qu’elle vient d’appeler. « Il vit comme si de rien n’était. Il passe du bon temps avec les enfants sans se tracasser du tout de comment je vais. Pourtant, je lui ai dit que cela n’avait pas été au boulot. Il ne m’a même pas posé de questions. Heureusement que tu es là, toi au moins, tu m’écoutes. Je ne sais pas ce qu’on fait encore ensemble… »

L’engrenage vers la rupture

Pierre ne comprend pas les reproches de Valérie. Il agit avec elle comme il aurait besoin qu’on agisse avec lui. Il a beau lui dire que non, il n’est pas indifférent, elle ne l’entend pas.

Pierre est de plus en plus fatigué. Il n’a plus le courage de voir du monde, il se plaint quand quelqu’un vient à la maison. Il repousse les invitations avec différents prétextes. Valérie supporte de moins en moins leur vie trop calme. Elle commence à sortir de plus en plus souvent seule, laissant Pierre avec les enfants. Pierre est inquiet. Il aimerait de temps en temps passer un bon moment en tête à tête, rien qu’à deux, mais ce n’est pas possible. Il y a toujours quelqu’un qui téléphone ou qui débarque. Même au restaurant, Valérie parvient à sympathiser avec les personnes assises à la table à côté. Elle bouge, va à la toilette, y rencontre quelqu’un avec qui elle parle… pendant que Pierre l’attend, seul. Pour les vacances, elle n’imagine pas partir sans un couple d’amis, ou sans sa soeur et son beau-frère. Il a l’impression de ne plus compter pour elle.

Valérie, fatiguée de ne pas avoir de réponse, ne lui pose plus de questions. Elle ne sait plus ce qu’il vit, ce qu’il pense, ce qu’il ressent. Il n’y a plus de communication, et ils en souffrent tous les deux. Mais c’est Valérie qui s’en plaint le plus, car qui croirait Pierre s’il disait que sa femme ne lui parle plus? Dans leur entourage, Pierre est reconnu comme quelqu’un qui communique peu et tout le monde sait tout ce que Valérie pense, vit et fait…

Apprendre à vivre avec nos différences.

Valérie et Pierre étaient au bord de la rupture quand ils ont décidé de consulter. Ils ont appris qu’ils étaient différents et qu’ils avaient des besoins différents. Aujourd’hui, ils se sont fort rapprochés. Valérie s’efforce de réfléchir avant de parler et de limiter son discours autant que possible à l’essentiel, à ce qu’elle veut faire passer. Elle est surprise de voir les changements. Son fils l’écoute mieux et répond plus facilement à ses demandes.

Pierre s’efforce de répondre immédiatement lorsque Valérie lui pose une question: « Je vais y réfléchir. » Et Valérie comprend et lui laisse du temps. Quand Valérie a besoin d’un avis sur un sujet important, elle demande à Pierre: « Il faudrait qu’on parle de …. , quand pourrait-on le faire? »Pierre au courant du sujet se prépare à cette discussion.

Pierre et Valérie se préparent chacun à leur façon avant d’aborder les sujets difficiles. Valérie précise son point de vue en en discutant comme d’habitude avec son amie ou, si elle n’en a pas l’occasion, en écrivant. Pierre ayant eu le temps de réfléchir formule plus rapidement sa pensée. Il essaie de ne pas s’en tenir à la conclusion et de développer un peu son cheminement.

Pierre apprécie les initiatives de Valérie et lui dit. Il apprend à la complimenter, à la remercier, à la féliciter, ce qui comble Valérie, qui en a besoin. Il reste près d’elle quand elle ne va pas bien, même silencieusement. Il l’écoute vider son sac simplement, sans l’interrompre. Il ne cherche pas à comprendre les détails et accepte les contradictions. Il sait qu’il lui suffit d’être une oreille attentive. Il attend qu’elle trouve ses solutions. Il s’efforce de sortir un peu plus souvent. Quand c’est possible, il s’arrange pour être avec un ami qui comme lui préfère les atmosphères intimes. Pendant que Valérie passera d’un groupe à l’autre, ils passeront un bon moment ensemble.

Valérie laisse plus souvent Pierre tout seul. Elle ne lui demande plus s’il boude ou s’il ne va pas bien. Lorsqu’ils sortent, elle accepte de le voir en retrait, en conversation plus intime avec l’un ou l’autre. A la maison, elle apprend à rester silencieuse à ses côtés lorsqu’ils cuisinent ensemble. Et elle commence à apprécier cette manière silencieuse d’être présent l’un à l’autre. Elle accepte aussi qu’il ait un jardin secret.

Pierre s’ouvre, Valérie se pose et découvre son propre jardin intérieur… Ils apprécient de mieux en mieux leur complémentarité et l’occasion qu’ils se donnent mutuellement de grandir et de découvrir d’autres manières de faire. Ils s’enrichissent de leurs différences…. Et les sentiments sont revenus!

NOUVEAU!

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Un pas plus loin!

Cet article est le premier d’une série de quatre, inspirés de la typologie de Jung, base théorique du test MBTI. Le deuxième vous expliquera deux manières de percevoir la réalité (I/N – Intuitif/Sensoriel)qui peuvent être à l’origine d’autres problèmes de communication. Le troisième parle des malentendus venant des différents critères de décisions (F/T – Pensée/Sentiment). Et le quatrième montre comment concilier des styles de vie différents (J/P – Jugement/Perception)!

Le savoir change la vie, la nôtre, celle des autres et l’évolution de la société et du mondeParticipez activement à ces changements! 

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A propos de l'auteur:

Marie-Berthe Ranwet

Régente en mathématique, licenciée en psycho-pédagogie, psychologue clinicienne, sophrologue, auteur de « Victimes d’amour : Après tout ce que j’ai fait pour toi », paru chez Mardaga et de « Stop à l'ingratitude des enfants, conjoints, amis... et à la nôtre ". Pour acheter ce dernier, il suffit de verser 18€50 sur le compte de l'ASBL Réfl'Actions BE70 6528 2741 4025 - Bic: HBKA BE22 avec en communication l'adresse complète de livraison. Vous pouvez aussi soutenir ce site en versant la somme de votre choix sur ce même compte.

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