Je ne vais pas bien. A qui me confier?

  • Je ne vais pas bien. Quelle aide puis-je trouver ?

Je ne vais pas bien. A qui me confier?

Selon l’enquête de Solidaris sur « Comment vont les Belges », c’est d’abord auprès de vos proches que vous cherchez de l’aide quand vous souffrez psychologiquement. Lorsque ces derniers sont démunis et dépassés, ce sont alors les psychologues, les thérapeutes et les coachs qui, dans notre société, ont pour mission de soigner les blessures psychiques.

Un regard qui rassure ou inquiète?

Avez-vous déjà vu la réaction d’un enfant qui tombe et s’érafle le genou? Il a sans doute un peu mal mais il est surtout surpris et déçu d’être tombé. Si sa maman frotte son genou blessé, lui donne un bisou et l’encourage à repartir jouer, il a vite oublié cet incident et il continue à vivre les plaisirs partagés avec les copains. Si au contraire, il lit la peur dans les yeux de sa maman, il pleure et devient inconsolable!

De la même manière, certains proches, psys et coach ont l’art de « dépathologiser ». A l’écoute de votre demande, ils vous aident à accepter la réalité de votre vie humaine et ils vous donnent des outils pratiques pour retrouver rapidement votre place d’acteur et de partenaire.

A côté de cela, d’autres proches, psys et coachs vous enferment dans la recherche d’un idéal inaccessible. Ils renforcent votre sentiment de ne pas être à la hauteur et d’avoir « beaucoup de travail » à faire sur vous-mêmes. Ils mettent l’accent sur vos lacunes et vous soignent plus qu’ils ne vous coachent! C’est en fonction de leur propre vision de l’humain et de ses limites. qu’ils choisissent les interprétations, les techniques et les procédures pour vous faire travailler sur vos émotions, votre passé, vos images…

Si je ne vais pas bien, suis-je malade pour autant? 

Que cherchons-nous lorsque nous faisons la démarche de nous confier à notre conjoint, un ami, un proche ou de nous adresser à un psy ou à un coach? Le bien-être? La santé? Mais qu’est-ce qu’un homme sain d’esprit? Serait-il simplement une personne n’ayant aucun d’un des syndromes abondamment décrits dans tous les médias (syndrome du déprimé, du phobique…)? Si oui, existe-t-il réellement ? Vu la longue liste des pathologies psychiques possibles, personnellement, j’en doute.

Dédramatiser, dépathologiser!

La première chose que doit donc faire l’intervenant, proche, ami ou thérapeute, c’est de vous aider à faire la part des choses entre ce qui est pathologique et ce qui est simplement humain. Ce n’est pas facile! La barrière entre le normal et le pathologique évolue sans cesse. Elle est intimement liée au contexte culturel. Ce qui était pathologique il y a 50 ans (l’homosexualité par exemple) ne l’est plus nécessairement aujourd’hui. Et actuellement, des modes de fonctionnement valorisés autrefois sont classés dans les troubles psychologiques (un trop grand altruisme, par exemple).

La recherche d’un état sans symptôme, sans souffrance, sans émotion négative est utopique.

Nous aurons toujours par moment des manifestations telles que des angoisses, des phobies, de la procrastination, une perte du désir, un manque de confiance en soi, d’estime de soi… Ne s’agit-il pas finalement plus d’apprendre à vivre avec que de vouloir les faire disparaître à tout jamais ? L’essentiel n’est-il pas de garder notre liberté d’agir selon nos valeurs et nos buts, un peu comme l’enfant qui se relève de sa chute et continue à jouer avec les copains?

S’enliser dans la plainte: un risque à ne pas minimiser!

Lorsque le parent s’apitoie sur l’enfant tombé, ce dernier s’effondre! Il pleure, se coupe des autres, et sent la douleur physique mais aussi la douleur psychologique d’être mis à l’écart du jeu. Ne vivons-nous pas la même chose lorsque la personne à qui nous avons confié notre mal de vivre nous écoute avec patience ressasser sans cesse la même  plainte ou lorsqu’elle nous invite à chercher dans notre passé les causes de notre mal-être?

Attention au piège de la recherche sans fin de soi, du repli sur soi! Suite à certaines interprétations sans doute bienveillantes… mais psycho-pathologisantes, vous pourriez devenir obnubilé par ce dont vous devriez guérir ou vous déprogrammer! Vous oublieriez alors parfois de vivre, tout simplement !

Comment nous aider mutuellement à surmonter les inévitables épreuves de la vie?

La plupart des difficultés que nous rencontrons sont « normales », humaines !

Tous nous avons des peurs (de nous engager, de perdre nos proches, d’être rejeté…). Nous ressentons de la colère, de la tristesse, nous avons du mal de tourner une page, de renoncer à une relation, un projet, un rêve… Nous pouvons être découragés, sans motivation, sans volonté… Tous, nous ressentons l’écart entre notre vie réelle et notre vie souhaitée… Tout cela est normal! Il en a toujours été ainsi, pour nos ancêtres et pour tous les hommes de la terre. Quelles que soient leur culture, leur milieu, leur histoire… les humains ont toujours dû surmonter les inévitables crises de la vie.

L’expérience transmise de génération en génération, une source d’inspiration!

Dans les épreuves ou face à des défis à relever, nous pouvons donc profiter de l’expérience de ceux qui nous ont précédés et des techniques qui ont été transmises de génération en génération comme étant efficaces. Parallèlement, des thérapeutes hors du commun ont également été observés. Leurs modes d’intervention ont été synthétisés et enseignés et vulgarisés dans de nombreux ouvrages très accessibles.

Personnellement je suis convaincue que le devoir des amis et proches, mais aussi surtout celui des professionnels, coachs ou psys, qui maîtrisent ces outils, c’est de porter un regard optimiste et réaliste sur la personne en souffrance! C’est de lui donner le « coup de pouce », l’encouragement, le conseil… qui lui permettront de se remettre en route seule ou avec ses proches.

Ne laissez pas le hasard décider à votre place. Cherchez ou donnez de l’aide en toute connaissance de cause!

Le regard des personnes à qui vous vous confiez peut vous faire du mal autant qu’il peut vous faire du bien, d’autant plus quand vous êtes fragile. Choisissez-les bien! Vérifiez que leur vision de la vie, de l’humain et du bonheur correspond bien à la vôtre.

Si vous-même êtes à la place du conseiller, rassurez autant que possible ceux qui cherchent votre avis! Au lieu de chercher à faire des liens avec leur passé, donnez-leur les moyens de comprendre pourquoi à un moment donné, ils ont cru qu’ils avaient besoin d’aide et en référence à quoi vous pensez que ce n’est pas le cas.

Plus que le titre, les diplômes, l’âge ou le statut, c’est la vision de la vie qui oriente le regard!

Et si vous vous adressez à un psy, n’oubliez pas que plus que son titre, c’est bien sa vision de l’homme idéal qu’il a en tête qui va déterminer la qualité, la durée, le coût et l’efficacité du travail! Si cette vision n’est pas réaliste, celui qui le consulte va être entraîné dans une recherche sans fin de l’inaccessible étoile ! Obnubilé par le potentiellement possible, il perdra alors le goût de sa vie, un peu trop banale à côté des images idéales qu’il s’est construites ! Il risque alors de remettre en question ses choix et de s’engager sur un chemin qui n’est pas le sien !

Ne sous-estimez pas le pouvoir des images idéales que vous avez de l’humain et de la vie! Soyez vigilants! Il suffit parfois d’un livre, d’un article, d’une émission de télévision ou de radio pour vous permettre de comprendre et de dépasser une difficulté, quand le savoir diffusé est réaliste. Mais il suffit aussi parfois d’une information, d’une interprétation ou d’un regard pour vous amener sur des chemins dangereux qui vous éloignent de votre vie, de vos valeurs, de vos proches ! Un simple regard, une petite remarque peuvent vous faire douter de votre santé mentale. Une question vous hante alors : « Suis-je normal ? »

Envie d’aider mieux?

Ceux qui reçoivent facilement les confidences et qui aiment apporter leur soutien à leur proche trouveront dans l’article « L’entraide-psy », une idée assez géniale développée par un psychiatre indien: Vikram Pattel! Pourquoi ne pas la développer chez nous? Dans la région de Couvin?

Besoin d’aide?

Un simple bilan peut vous aider à voir plus clair! Voyez comment cela se passe ICI!

Cet article vous parle? Il vous a aidé efficacement à éclaircir vos idées ou à faire ne fût-ce qu’un petit pas? Aidez-nous à le diffuser. Envoyez le lien à vos proches ou postez-le sur Facebook.

A propos de l'auteur:

Marie-Berthe Ranwet

Régente en mathématique, licenciée en psycho-pédagogie, psychologue clinicienne, sophrologue, auteur de « Victimes d’amour : Après tout ce que j’ai fait pour toi », paru chez Mardaga et de « Stop à l'ingratitude des enfants, conjoints, amis... et à la nôtre ". Pour acheter ce dernier, il suffit de verser 18€50 sur le compte de l'ASBL Réfl'Actions BE70 6528 2741 4025 - Bic: HBKA BE22 avec en communication l'adresse complète de livraison. Vous pouvez aussi soutenir ce site en versant la somme de votre choix sur ce même compte.

One Commentaire

  1. marie

    ——  » Mais il suffit aussi parfois d’une information, d’une interprétation ou d’un regard pour vous amener sur des chemins dangereux qui vous éloignent de votre vie, de vos valeurs, de vos proches ! Un simple regard, une petite remarque peuvent vous faire douter de votre santé mentale. Une question vous hante alors : « Suis-je normale ? » »

    Ce passage me donne envie de laisser un commentaire …

    Pour moi, même si je ne l’ai pas fait de suite, il est préférable de trouver l’aide chez un(e ) psychologue .
    Si l’on se confie à un(e) ami(e) et que son regard , ses commentaires , ses exigences font mal , cela pourrait détériorer la relation d’amitié existante et ce serait vraiment regrettable .

    Se confier à une psychologue qui a une grande capacité d’écoute est idéal.
    Parfois, il faudra du temps avant d’aborder un sujet …
    Oser parler, oser « tout » dire , savoir que jamais rien ne sera répété, savoir que son souhait est d’aider, voilà , pour moi des notions très importantes.

    Récemment , il m’a suffi d’un livre pour être très perturbée et me poser la question : Suis-je normale ?
    J’en ai parlé à une amie qui m’a dit que j’étais « nulle » … donc je culpabilise …
    J’en ai parlé à la psychologue qui comprend… sans dramatiser …
    Merci

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